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12 janvier 2015

Démocratie participative : le nouveau nom de l'ultra-conservatisme

Le 6 janvier dernier, la ministre de la planète, Ségolène Royal, a lancé le chantier de la démocratie participative dans l'écologie sous l'égide du CNTE, Commission Nationale pour la Transition Energétique, le comité Théodule chargé d'installer la pénurie énergétique en France, et surtout de la faire accepter.

Ségolène2.jpgPour Ségo, il s'agit de « moderniser les procédures existantes, sans les alourdir, et d’assurer la transparence du débat public, sans en allonger les délais, et ce afin que les personnes concernées puissent participer à l’élaboration du projet, que les différentes options soient examinées et que les autorités puissent décider en toute transparence ». En d'autres termes, il s'agit de fournir aux différents acteurs et en particulier aux écologistes une tribune pour poursuivre leur bourrage de crâne et leur propagande ultra-conservatrice. Dans une telle procédure, les hystériques du statu-quo n'auroint de cesse de faire capoter tous les projets qu'on leur proposera. Si vous avez déjà constaté une seule fois que les écologistes acceptaient un projet d'aménagement ou de construction sans critiques rédhibitoires, faites signe au blogueur qui publiera.

Pour les écologistes, un bon projet d'aménagement est un projet mort. Délais, moments de dialogue, recours en justice, rien dans la procédure ne peut être aménager qui permettrait d'éviter les nuisances causées à la population par les écologistes. Le sous-équipement est une vertu qui a un autre avantage : les victimes de catastrophes naturelles comme les inondations deviennent celles du pseudo-réchauffement planétaire, alors que les écolos sont les premiers à s'opposer à tout projet d'aménagement hydrographique. Il y a toujours quelque part une réserve de bêbettes à sauver, à préserver.

Recourir à des référendums locaux ou à des consultations d'ONG mènera tout projet à son abandon immédiat : on voit mal une ONG accepter de bonne grâce l'installation d'une station d'épuration pourtant nécessaire. Le pays, aujourd'hui constellé de pancartes "Non au projet Trucmuche", continuera par des moyens plus formels et plus efficace à s'enfoncer dans le Moyen âge.

Merci Ségolène.

 

11 janvier 2015

Projet Ici la Terre : ici la connerie...

Au début, j'ai cru à un gag. Comme mon blog est classé dans les sites écolos, je reçois souvent des annonces concernant de la propagande écolo, des courriers personnels pour me vanter tel ou tel projet, les chroniques impénétrables de Simon Coquillette.

Là, je peux vous assurer, cher lecteur, très chère lectrice, qu'il s'agit du projet le plus con de la planète. il s'intitule Ici la Terre et à pour but de fixer dans une falaise un bras en bronze avec un bouquet de fleur au bout. Déjà, en soi, l'idée n'arrive pas toute seule et il faut l'esprit de subversion d'un enfant de trois ans pour s'imaginer faire un truc nouveau ou gentiment transgressif ou même doucement subversif, façon love bombing ou kiss kiss parade. C'est juste une idée con. Une de plus.

IciLaTerre.jpgIls disent : "Ce geste est d’une simplicité remarquable et se laisse exprimer en une phrase : Tendre un bouquet de fleurs à l’immensité de la nature, du ciel, du cosmos dans un geste simple, sincère, amoureux."

Là où le projet atteint des sommets, si l'on peut dire, c'est dans sa présentation.

Passons sur les fautes de français.

Mais on peut s'attarder sur la video très soignée de jeunes escaladant des montagnes, sur la musique planante légèrement angoissante, sur les moyens internet pour collecter des fonds et sur l'argumentaire pour faire cracher au bassinet.

Tendre un bouquet de fleur, ce n'est pas rien pour ces doux ahuris : c'est "un geste périlleux, où l’on expérimente la hauteur, le vertige, l’ouverture, la grandeur céleste, un geste qui fait tenir tout les éléments en un seul lieu. Un geste presque inframince dont la réalisation demande de la préparation, de l’élaboration, de la coordination de toute une équipe."

"Presque inframinces", en effet, sont les arguments de ces rhétoriqueurs de cour de récréation. Au lecteur d'apprécier la hauteur de plafond du rédacteur de ce machin avant d'aller tâter de la "grandeur céleste". On peut craindre la déception si, après avoir coulé un bronze, cette équipe de branquignols arrivent à le fixer sans se tordre de rire. Pour 25 euros, vous aurez droit à des photos de jeunes hommes avec des fleurs sur le menton à la place de poils de barbes, et au portrait d'un des jeunes les parties à l'air. Tout de suite, ça fait envie...

Pour 700 euros, vous aurez le moulage du bras en résine. Pas le vôtre mais celui du jeune en photos. La suite du site ne dit pas ce que vous pourrez faire avec.

Il ne manque qu'une chose, pourtant implicite dans le fait que j'ai pu recevoir cette ânerie : l'évocation de l'écologie. Les fleufleurs, le brabras, la grandeur céleste et toutes les cucuteries d'usage font immédiatement penser à une sorte de dérive sectaire très très locale, comme un délire à deux que l'on transforme imprudemment en site internet et en projet planétaire.

Donc si vous voulez bien rire après avoir relu Muray, vous pouvez allez voir ce site. Si vous êtes perméable à la connerie new age ambiante, passez votre chemin : c'est contagieux.

Houellebecq : petit bras...

Face à l'actualité et à la difficulté d'affronter un monde désormais privé de Cabu, Charb, Tignous et Wolinski, je n'ai pas pu m'empêcher de repenser au débat que j'avais vu la veille entre Edwy Plenel de Médiapart et Patrick Cohen, le journaliste bien-pensant de France-Inter, au sujet du dernier livre de Michel Houellebecq.

Houellebecq, Puisque toujours à quelque chose malheur est bon, on a aussitôt vu disparaître des écrans radar le prometteur écrivain et ses airs de rusé renard jurant, des plumes encore dans la gueule, qu'il n'a rien fait de mal. Que Soumission, cette pochade douteuse, ne fasse plus l'actualité : quel soulagement ! S'en prendre à la religion de 5 millions de Français me semble d'une misérable inefficacité si on imagine ce qu'aurait pu être un livre du même accabit basé sur une religion, l'écologie, dont les adeptes et pratiquants constituent désormais, parfois même à leur corps défendant, l'essentiel des 60 millions de Français.

Dans une politique-fiction (quel mot étrange...) d'une autre trempe, on aurait pu imaginer de façon beaucoup plus mollement probable Dominique Voynet présidente de la République, avec Noël Pépère en premier ministre. Notre couple de joyeux lurons, tout en nous menaçant d'apocalypses atroces si nous n'obtempérons pas, pourrait ainsi mettre la France en coupe malthusienne réglée, rivalisant de bons sentiments pour nous faire accepter l'inacceptable, la haine de nous-même et des autres, le goût de la pureté comme idéal politique, la passion de l'ultra-conservatisme pour alimenter l'utopie, la diminution de la population et de l'activité humaines.

Pour l'instant, la misère morale qui règne sur cette génération, fruit du travail conjoint des journalistes de télévision et des fabricants de jeux videos, n'a permis que quelques tristes cartons sur la base d'un caca idéologique relativement peu répandu et issu des sectes islamistes. Mais si, en France, l'utopie écologiste faisait l'objet d'une radicalisation plus religieuse encore que celle de la poignée de morveux zadistes et victimaires du barrage de Sivens, nous pourrions aboutir à des carnages plus formidables encore.

Houellebecq a loupé son coup.