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  • Ecotaxe : pourquoi pas plutôt une pornotaxe ?

    Les routiers sont sympas. Et ils ont compris, le doigt dans l'engrenage, que l'écologie, ça fait mal. Donc ils manifestent (oui, on sait : "Colère des associations").

    Mais comme les bons sentiments et le goût pour le flicage ne connaissent aucune limite avec ce gouvernement de droite, l'examen de la loi sur la pénalisation des clients de prostituées s'achève aussi à l'Assemblée nationale.

    delit-de-racolage2.jpgL'opposition est sensible aussi contre ce texte qui, une fois de plus, jette le bébé avec l'eau du bain, si l'on peut dire. On a déjà vu ça mille fois à Boboland : pour obtenir toujours davantage de rétorsion, de flicage, on met tout dans le même panier et on fabrique une loi pénale, en essayant de faire passer les prostituées indépendantes pour les idiotes utiles des proxos esclavagistes à l'extrémité des filières d'immigration clandestine. Un peu comme si on devait fermer les restaurants chinois à cause des "appartements ravioli" où des dizaines de clandestins en situation d'esclavage fabriquent des raviolis 15 heures par jour dans l'espoir de retrouver leurs passeports.

    Cette pénalisation est ce que Muray appellait "l'envie du pénal", sorte d'hystérisation de l'acte législatif vécu comme orgasmique.

    Ici, pour lutter contre la traite d'esclaves sexuelles par des proxos sans scrupules, et aussi pour pallier à la dégringolade et au mauvais état général des effectifs de police, on cherche à "tarir la demande".

    La demande de connerie pénale, elle, ne tarit jamais.

    D'un autre côté, les routiers qui peuvent être des familiers de l'amour tarifé, font un peu plus la gueule : non seulement on leur pique leurs sous mais en plus, on les contraint à se taper la veuve Poignet au lieu d'une vraie paire de fesse, fût-elle esclavagisée.

    Au lieu de supprimer l'écotaxe purement et simplement en l'ajournant à une hypothétique réforme fiscale, et au lieu de tenter de supprimer la prostitution dans son ensemble, le gouvernement pourrait trouver une solution à mi-chemin en instituant, dans des maisons closes, des portiques sous lesquels les clients de prostituées passeraient en entrant : le flicage permettrait de lutter contre la prostitution clandestine et indexerait l'impôt au nombre de va-et-vients, c'est à dire à la production de CO2. Cette nouvelle taxe pourrait s'appeler la porno-taxe (du grec "pornè" : la prostituée).

    Un message positif aux associations, non ?

  • Colère des associations

    C'est un refrain, un gimmick, une ritournelle radiophonique à succès. C'est aussi le rappel d'un code moral, celui de la toute puissance des bons sentiments et de leurs dogmes. C'est une phrase elliptique, une demi-phrase qui ne dit pas ce qu'elle recèle comme force revendicatrice, mais le laisse deviner. C'est une scie. Une scie à découper les opinions en deux, les gentils et les méchants. De quel côté te places-tu, auditeur de Radio Bobo ?

    "Colère des associations..."

    Le gouvernement veut augmenter la TVA à 20% sur les sports des gosses de riches qui seront vétérinaires quand ils seront grands.

    "Colère des associations..."

    Un groupe de rap trouve des paroles infâmantes pour un hebdo infâmant.

    "Colère des associations..."

    Les dix suspects de viol collectif à Fontenay sous Bois avaient été relaxés en première instance.

    "Colère des associations..."

    L'auteur (et non le "père"...) de la loi sur la contraception vient de mourir.

    "Colère des associations..."

    Dominique Voynet ne se présente pas à Montreuil aux municipales.

    "Colère des associations..."

    Et ainsi de suite. Cette réactivité de la société dite "civile" à défaut d'être civilisée permet aussi de faire du journalisme, de mettre face à face des parties susceptibles de s'étriper et de faire de l'actualité, un bon papier simple comme un coup de fil. Si tu veux faire parler de toi, ami lecteur, crée une association et mets-toi en colère. Au sujet de n'importe quoi.. qui s'en soucie ?

    La norme de la revendication sociale, aujourd'hui, c'est la "colère des associations".

    Chinois.jpg

  • Conférence de Varsovie : un fiasco rassurant

    Pendant la conférence de Varsovie, le bourrage de crâne bat son plein. Sur le site de RFI.fr, c'est l'occasion pour la rédaction d'ajouter le mensonge à l'approximation, dans une rhétorique très caractéristique de cette science de l'à-peu-près qu'a toujours été l'écologie.

    hutte.jpgRappelons d'abord que le bilan de cette conférence climatisée reste à peu près nul et sans grand suspense. Le ministre de l'écologie polonais qui la présidait a été limogé en cours de conférence. Les ONG qui espéraient que leur poids médiatique ferait la différence (Oxfam, WWF, Grinepisse, etc.) ont claqué la porte hier. Un réjouissant désastre.

    Comme pour Copenhague, de douloureuse mémoire, la concertation tente de se baser sur des données scientifiques dont on connait le peu de fiabilité et finit dans le marigot, avec les "mouches du coche" qui zonzonnent furieusement autour et l'éléphant qui accouche d'une souris. Espérons toutefois que tous les plumitifs onusiens ont soupé à leur faim.

    La routine écologiste, quoi..

    Mais maintenant, je voudrais vous montrer comment la fiction climatique se construit avec un exemple précis tiré du site de Radio France International. Chaque jouréne donne lieu à un compte-rendu assez succint. Si le lecteur veut approfondir le sujet, il clique sur les liens qui le mènent à d'autres piges du même genre, elles-mêmes contenant des liens, et ainsi de suite.

    L'article d'aujourd'hui s'appelle Changement climatique : dernier bras de fer à Varsovie. Bien sûr, au milieu de l'article, il faut comprendre pourquoi "agir vite" est "une nécessité" en cliquant sur un lien qui mène vers un autre texte. Il faut lire aussi l'article sur le rapport du GIEC. L'article s'intitule "Réchauffement climatique : le GIEC tire la sonnette d'alarme". En guise de sonnette d'alarme, on sait que le GIEC se demande à voix haute pourquoi il se trompe depuis 15 ans...

    En clair, ce sont les titres qui construisent le contenu de l'article. Ces titres renvoient à des contenus beaucoup moins alarmistes et apocalyptiques que leurs titres ne le laissent paraître, mais qu'importe ! Ainsi, pour comprendre pourquoit les ONG ont claqué la porte, le titre nous indique qu'il s'agissait d'un "fracassant départ". On clique et on lit que les ONG espéraient que le cyclone philippin aurait exercé le chantage attendu sur le porte-monnaie des nations développées. Il n'en a rien été mais on se demande bien pourquoi puisqu'à la fin de l'article, à nouveau, un titre vraiment effrayant nous rapporte que les pays pauvres sont "les plus accablés par les catastrophes naturelles".

    Sous-entendu : les catastrophes naturelles sont accentuées par le réchauffement planétaire. Les pays riches ne veulent pas entendre les pays pauvres qui souffrent atrocement de cette situation.

    Salauds de riches.

    Comme on est un peu masochiste, quand on est occidental et écolo-sensible, on clique pour savoir ce qu'on a bien pu faire aux pauvres philippins et consorts. L'article qui avait un titre si effrayant commence par un état des lieux puis poursuit :

    "Ce palmarès des pays les plus affligés par les calamités météo confirme une intuition déjà bien ancrée dans la sagesse populaire. (...) Les 10 premières places de ce classement des victimes sont occupées exclusivement par des pays en développement." En d'autres termes, il faut attendre RFI et son institut allemand auteur du classement pour savoir qu'on vit moins en sécurité dans une hutte en paille que dans un immeuble en béton sismique.

    On continue.

    "Cette causalité n'a pas de fondement scientifique. D'ailleurs, l'institut qui publie l'étude n'a pas fait une démonstration, mais un constat à partir des données statistiques fournies par le réassureur Munich Re." Voilàààààà. Nous y sommes : les assureurs sont en embuscade, qui veulent déjà leur livre de chair. Les victimes du typhon philippin sont déjà loin. Il s'agit de faire bouillir la marmite de Monsieur Munich Re.

    Vous avez bien lu : "Cette causalité n'a pas de fondement scientifique." Nous y sommes ! Mais alors ? Que signifiait le titre de l'article s'il n'y a aucune causalité directe établie ? C'est un mensonge ?

    Ce n'est pas un mensonge : c'est un titre !

    Le lecteur est amené à faire le lien direct entre le climat et les catastrophes. C'est impressionnant, ça permet de peser sur l'opinion à défaut de peser sur les politiques et c'est une arme de culpabilisation massive efficace. Le mobile de ce mensonge nous est d'ailleurs indiqué presque noir sur blanc :

    "L'objectif bien sûr est de sensibiliser les Etats afin que le risque climatique soit mieux prix en compte dans l'accord global qui sera signé, si tout va bien, à Paris en 2015." Tout en gardant à l'esprit, bien sûr, que cette corrélation entre les catastrophes et le réchauffement des fesses de Gaïa n'est pas établi. Et pour cause ! Il s'agit surtout que les Etats prennent en compte le "risque climatique" en assouplissant leurs réglementations en direction des assureurs qui veulent bien payer, mais pas pour les pauvres.