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Ecologie et refus de l'immigration

Je lisais récemment le livre de Sylvain Tesson où ce pâle imitateur de Nicolas Bouvier décrit sa virée sur les bords du lac Baïkal ou de je ne sais plus quel lac isolé au fin fond de la Russie. Ce fervent écologiste y rêve tout haut, comme beaucoup de ses congénères, d'un monde où les êtres humains sont dispersés à la surface du globe et bénéficient de beaucoup de place par personne.

Evidemment, ce monde n'est possible que si nous sommes moins nombreux sur Terre. Mais la démographie de l'Ile-de-France ne ressemblera jamais plus à celle du Larzac et il faudrait un holocauste massif pour parvenir à ce résultat. C'est pourtant cet holocauste que les écologistes malthusiens, c'est à dire pratiquement tous les écologistes et leurs sympathisants, appellent implicitement de leurs voeux.

Cette sanglante utopie malthusienne est au coeur de deux ensembles politiques à l'heure actuelle, les écologistes et l'extrême-droite, mais de façon un peu différente.

Chez les néo-fascistes, l'envie d'espace individuel se traduit aujourd'hui surtout par le refus de l'immigration. Le migrant est différent en presque tout sauf en l'essentiel mais qu'importe : il n'a "rien de commun avec nous" et doit être maintenu à l'extérieur des frontières coûte que coûte. Comme en Mecklenbourg-Poméranie, le vote d'extrême-droite est souvent constaté dans des territoires qui comportent peu d'immigrés.

Chez les écologistes, l'idéologie anti-humaniste prend des formes beaucoup plus imaginatives. Les anti-spécistes sont explicitement opposés à la domination humaine tandis que les partisans de l'agriculture biologique ne voient pas forcément que la baisse des rendements de production agricole implique obligatoirement, à moyen terme, la baisse de la population. Les tenants de l'écologie profonde développent une haine de l'espèce humaine que ne partagent pas nécessairement les partisans des énergies alternatives, nettement moins productives, qui aboutissent pourtant immanquablement aux mêmes résultats : pénuries, conflits, guerres et, à terme, diminution de la population.

En bref, l'extrême-droite et les nationalistes de tous poils envisagent localement une politique que les écologistes aimeraient appliquer à un échelon plus global, à la mesure de l'humanité tout entière. Pour les uns, moins de gens à l'intérieur des frontières, sur un critère d'altérité, tandis que pour les autres, moins de gens tout court.

Les écologistes français, rassemblés aujourd'hui en micro-parti, peuvent avoir un discours pro-immigration qui ne les engagent à rien. Ils ne seront plus aux responsabilités avant de nombreuses années. L'habillage de gauche leur permet de distiller leurs idées nauséabondes en toute bonne conscience.Il reste que l'écologie est une idéologie de la pureté et de l'exclusion.

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