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Art et artisme

  • Projet Ici la Terre : ici la connerie...

    Au début, j'ai cru à un gag. Comme mon blog est classé dans les sites écolos, je reçois souvent des annonces concernant de la propagande écolo, des courriers personnels pour me vanter tel ou tel projet, les chroniques impénétrables de Simon Coquillette.

    Là, je peux vous assurer, cher lecteur, très chère lectrice, qu'il s'agit du projet le plus con de la planète. il s'intitule Ici la Terre et à pour but de fixer dans une falaise un bras en bronze avec un bouquet de fleur au bout. Déjà, en soi, l'idée n'arrive pas toute seule et il faut l'esprit de subversion d'un enfant de trois ans pour s'imaginer faire un truc nouveau ou gentiment transgressif ou même doucement subversif, façon love bombing ou kiss kiss parade. C'est juste une idée con. Une de plus.

    IciLaTerre.jpgIls disent : "Ce geste est d’une simplicité remarquable et se laisse exprimer en une phrase : Tendre un bouquet de fleurs à l’immensité de la nature, du ciel, du cosmos dans un geste simple, sincère, amoureux."

    Là où le projet atteint des sommets, si l'on peut dire, c'est dans sa présentation.

    Passons sur les fautes de français.

    Mais on peut s'attarder sur la video très soignée de jeunes escaladant des montagnes, sur la musique planante légèrement angoissante, sur les moyens internet pour collecter des fonds et sur l'argumentaire pour faire cracher au bassinet.

    Tendre un bouquet de fleur, ce n'est pas rien pour ces doux ahuris : c'est "un geste périlleux, où l’on expérimente la hauteur, le vertige, l’ouverture, la grandeur céleste, un geste qui fait tenir tout les éléments en un seul lieu. Un geste presque inframince dont la réalisation demande de la préparation, de l’élaboration, de la coordination de toute une équipe."

    "Presque inframinces", en effet, sont les arguments de ces rhétoriqueurs de cour de récréation. Au lecteur d'apprécier la hauteur de plafond du rédacteur de ce machin avant d'aller tâter de la "grandeur céleste". On peut craindre la déception si, après avoir coulé un bronze, cette équipe de branquignols arrivent à le fixer sans se tordre de rire. Pour 25 euros, vous aurez droit à des photos de jeunes hommes avec des fleurs sur le menton à la place de poils de barbes, et au portrait d'un des jeunes les parties à l'air. Tout de suite, ça fait envie...

    Pour 700 euros, vous aurez le moulage du bras en résine. Pas le vôtre mais celui du jeune en photos. La suite du site ne dit pas ce que vous pourrez faire avec.

    Il ne manque qu'une chose, pourtant implicite dans le fait que j'ai pu recevoir cette ânerie : l'évocation de l'écologie. Les fleufleurs, le brabras, la grandeur céleste et toutes les cucuteries d'usage font immédiatement penser à une sorte de dérive sectaire très très locale, comme un délire à deux que l'on transforme imprudemment en site internet et en projet planétaire.

    Donc si vous voulez bien rire après avoir relu Muray, vous pouvez allez voir ce site. Si vous êtes perméable à la connerie new age ambiante, passez votre chemin : c'est contagieux.

  • Houellebecq : petit bras...

    Face à l'actualité et à la difficulté d'affronter un monde désormais privé de Cabu, Charb, Tignous et Wolinski, je n'ai pas pu m'empêcher de repenser au débat que j'avais vu la veille entre Edwy Plenel de Médiapart et Patrick Cohen, le journaliste bien-pensant de France-Inter, au sujet du dernier livre de Michel Houellebecq.

    Houellebecq, Puisque toujours à quelque chose malheur est bon, on a aussitôt vu disparaître des écrans radar le prometteur écrivain et ses airs de rusé renard jurant, des plumes encore dans la gueule, qu'il n'a rien fait de mal. Que Soumission, cette pochade douteuse, ne fasse plus l'actualité : quel soulagement ! S'en prendre à la religion de 5 millions de Français me semble d'une misérable inefficacité si on imagine ce qu'aurait pu être un livre du même accabit basé sur une religion, l'écologie, dont les adeptes et pratiquants constituent désormais, parfois même à leur corps défendant, l'essentiel des 60 millions de Français.

    Dans une politique-fiction (quel mot étrange...) d'une autre trempe, on aurait pu imaginer de façon beaucoup plus mollement probable Dominique Voynet présidente de la République, avec Noël Pépère en premier ministre. Notre couple de joyeux lurons, tout en nous menaçant d'apocalypses atroces si nous n'obtempérons pas, pourrait ainsi mettre la France en coupe malthusienne réglée, rivalisant de bons sentiments pour nous faire accepter l'inacceptable, la haine de nous-même et des autres, le goût de la pureté comme idéal politique, la passion de l'ultra-conservatisme pour alimenter l'utopie, la diminution de la population et de l'activité humaines.

    Pour l'instant, la misère morale qui règne sur cette génération, fruit du travail conjoint des journalistes de télévision et des fabricants de jeux videos, n'a permis que quelques tristes cartons sur la base d'un caca idéologique relativement peu répandu et issu des sectes islamistes. Mais si, en France, l'utopie écologiste faisait l'objet d'une radicalisation plus religieuse encore que celle de la poignée de morveux zadistes et victimaires du barrage de Sivens, nous pourrions aboutir à des carnages plus formidables encore.

    Houellebecq a loupé son coup.

  • Des nouvelles de l'unanimosphère...

    Comme jadis avec Dominique A., grand prêtre de l'unanimité en matière d'écologie et de bons sentiments, c'est Baptiste Herbin qui s'y colle : mes critiques ne lui plaisent pas.

    Désolé. C'est sûrement de la jalousie.

    Quand un critique de cinéma descend un mauvais film, c'est aussi sûrement parce qu'il ne l'a pas produit. Quand Bernard Pivot critique une pièce ou un roman, c'est sûrement parce qu'il ne les a pas écrits.

    Baptiste Herbin, Didier VarrodIl faudra s'y faire et c'est désormais la règle de l'unanimosphère, dont le critique musical de France Inter est un représentant besogneux : les artistes nous engueulent copieusement quand on n'aime pas ce qu'ils font. "C'est la première fois enfin que quelqu’un n'aime pas mon disque !" se lamente le tâcheron du Selmer, tout surpris. On est prié d'être unanime...

    Evidemment, c'est plus compliqué quand le jeune artiste en question a raflé une quantité de prix considérable. De la part  de Didier Varrot, c'est un risque incroyable ! De mon côté, je reste fidèle à la devise qui orne le haut de mon blog : Argumentum pessimi turba est (La foule est l'argument du pire). Evidemment, L'Hérétique va encore trouver que je vire côté aristo, mais bon... pour ça, au moins, ça vaut le coup de se justifier !

    Donc le jeune Baptiste m'envoie un petit message aigrelet : "Quand on parle aux imbéciles qui croient tout et qui savent tout avant tous le monde, c'est comme si on parlait à un mur !"

    Quand je vous dis que l'unanimité est une maîtresse ombrageuse... Avec les meilleures intentions du monde, au lieu de lire ce qui est écrit, c'est à dire des remarques sur le jeu, sur le phrasé, sur les inspirations musicales, et surtout sur le charabia lourdingue du plumitif de l'art musical officiel, le sus-nommé citoyen Varrod, on finit par en venir à des mots malheureux qui n'insultent que soi-même. D'autant qu'en matière musicale, il se trouve que je ne suis pas exactement un novice. N'est-ce pas, L'Hérétique ?

    Vous avez compris, cher Baptiste, que le coup de griffe était surtout destiné à l'acquiesceur en chef, celui de la radio. Vous, vous n'en êtes pas mort. Ecoutez ce qu'on vous dit, progressez, faites ce que font tous les musiciens dignes de ce nom. Je n'aime pas votre jeu et c'est mon droit. Et c'est le vôtre de l'admettre... ou pas !

    Que cette année nouvelle apporte beaucoup de plaisir à vos fans. J'en serai content pour eux et pour vous.