07 mai 2012

Clara Gaymard et la "jacquerie"

Pendant la soirée électorale, je zappais sur différentes chaînes lorsque je tombe sur BFM télé et un pseudo-débat entre gens de bonne compagnie, parmi lesquels se trouvait Clara Gaymard.

Une expression a retenu mon attention. On pourra prétendre qu'elle était sortie de son contexte mais l'idée était bien là. Clara Lejeune-Gaymard parlait, je cite, "d'une jacquerie qui monte en Europe" au sujet de l'arrivée de François Hollande au pouvoir et du vote favorable à l'extrême gauche et aux néo-nazis en Grèce.

Il faut savoir que Clara Gaymard, énarque, mère de neuf enfants, est la fille du Pr Lejeune, généticien ultra-conservateur lié à l'Opus Dei. Elle est elle-même soupçonnée, sans preuve, d'appartenir à cette organisation ultra religieuse. Plus qu'une appartenance à l'organisation même, c'est l'appartenance à un réseau ultra-conservateur au sein même du pouvoir politique français, en particulier pendant les années Juppé, qui est représentatif de l'attachement idéologique de Clara Gaymard.

Cette expression, qualifiant une expression démocratique massive de "jacquerie", nous renvoie à un Moyen Âge rêvé, aristocratique et brutal, situé en pleine Guerre de Cent Ans. Il renvoie à la supériorité de la naissance sur le mérite et au droit de vie ou de mort du seigneur sur ses sujets. Il renvoie à la Fronde, mouvement parlementaire et urbain dressé contre le coût de guerres injustifiées et la hausse des impôts.

Madame Gaymard devrait se méfier des mouvements urbains. La "Jacquerie" qui monte en Europe pourrait bien prendre à son compte la brutalité avec laquelle le peuple a le sentiment d'être traité. Le peuple français, le "vrai", vient de prouver qu'il avait de la mémoire, qu'il se souvenait du dîner au Fouquet's et du "Alors casse toi, pauvr' con !", et par dessus tout qu'il est attaché à la laïcité.

04 mai 2012

Scandale financier en perspective : les ADR non-parrainés

On a peu parlé, en France de l'Argentine qui renationalise par la loi ses ressources pétrolières. C'est dommage, puisque pendant la campagne présidentielle, il a été fort questions des moyens de restaurer la croissance et la confiance.

Pendant ce temps, les affaires continuent et l'imagination des financiers pour piller les Etats n'a pas de limite. Dernier exemple en date :  les ADR non-parrainés. Ce qui suit vient des actes d'une table ronde organisée le 18 janvier dernier par la Fondation Lecanuet au Sénat. L'intervenant est le journaliste Pascal Junghans.

Que se cache derrière ce nom barbare, ADR non-parrainé ? On connaît les bons émis par des sociétés pour lever de l'argent à moindre frais auprès d'institutionnels tels que les caisses de retraite américaines. Ce sont des ADR (American Depositary Receipts, reçus américains de dépôt) simples, qui sont levés sur une sorte de "second marché", plus risqué et plus volatil. Ce sont les sociétés, américaines ou non, qui décident de proposer ces bons.

Or un avocat américain a trouvé, dans la loi, un vide juridique qui permet de créer des ADR sans nécessiter l'accord des entreprises. Ces sont les ADR non-parrainés. A partir de ce moment, 1400 entreprises de taille mondiale se sont trouvées sous la coupe de ces ADR unsponsored. En France, ce sont Bouygues, Accor, EDF, PPR, Vivendi et autres. Les créateurs de ces bons contestables se nomment Bank of New York, City Bank, Deusche Bank, etc.

Toujours d'après Pascal Junghans, et pour une raison qu'il n'explique pas en détail, ces entreprises ne peuvent plus acheter d'autres entreprises aux USA à moins de renégocier, à coup de milliards de dollars, le retrait de ces bons moralement pourris. C'est donc une forme de prise en otage. Le pompon, c'est que les cabinets d'avocats qui proposent leurs services pour prévenir ce type d'action ont participé à la création de ces ADR pourris. C'est donc une forme de racket.

Il est temps que, par leurs propres armes, les avocats qui mènent le monde à sa ruine soit mis hors d'état de nuire. La loi doit s'imposer au niveau mondiale pour interdire ces marchés désastreux qui n'ont aucun rapport avec la réalité économique et la réalité humaine. L'exemple de l'Argentine est parfaitement représentatif du retard que prennent nos politiques, soit par idéologie, soit par peur du corps des inspecteurs des finances.

Le partage des activités de collecte et de spéculation au sein des banques, comme l'a proposé Cheminade, ne suffira pas. Il faut mettre en liquidation puis interdire ces activités, purement et simplement. Il sera difficile à ces nantis de nous faire pleurer en nous montrant en boucle les images des yoopies avec leurs petits cartons en bas de l'immeuble. Ils n'auront qu'à ouvrir une pompe à essence en Argentine.

21 avril 2012

CSA et l'interdiction de publication des sondages : une retenue nécessaire

En République, contrairement à l'écologie, on fait la différence entre les gens et les choses, entre qui pense et ce qui ne pense pas. La retenue exigée par la loi électorale la veille et le jour d'un scrutin au suffrage universel part donc plutôt d'une interprétation cohérente des valeurs de la République.

L'Etat reconnaît et promeut la nécessité d'un temps individuel pour que nous intériorisions nos choix à l'écart du bruit, des influences, des sollicitations. Il affirme ainsi notre autonomie de citoyen, notre différence, notre subjectivité inaliénable.

A propos d'aliénation, du côté des journalistes, c'est "Haro sur la loi !" et à l'antenne, on entend bien peu d'arguments pour trancher en faveur de cette retenue républicaine. Au pays d'Homo Festivus, c'est encore un faux débat réglé d'avance par les médias. Du côté de l'étable, on ne peut comprendre la nécessité d'intérioriser quoique ce soit. Elle ne rapporte pas, surtout quand on a des dettes, comme le quotidien Libération. Le lecteur, l'internôte, l'auditeur sont autant de bêtes à traire, ce dont ne se vantent aucun courageux pourfendeur de la loi. Pour moi, pauvre vulgum pecus écouteur de radio, lecteur de journaux, surfeur sur le web, point de citoyenneté républicaine, c'est à dire autonome et différente par essence : la haine de la différence qui anime nos contemporains leur fait préférer cette citoyenneté injonctive et infantilisante qui peut se résumer au tri des poubelles.

Un geste citoyen, c'est bon pour la planète !

Oui, ami lecteur. Tu le sais bien ! La seule citoyenneté que les médias nous reconnaissent aujourd'hui, c'est celle qui consiste à trier comme il convient nos déchets ménagers et à économiser eau, gaz et électricité. Voilà à quoi se résume, en terres festivistes, nos destinées jadis autonomes et reconnues par le législateur !

Donc avant de recevoir comme une bénédiction cette nouvelle plaie d'Egypte, cette nouvelle marée de sondages républicides, reconnaissons qu'une fois de plus les médias nous haient, nous et notre République.