08 mai 2012
Dominique A : Rendez-nous la chanson française !
Il fut une époque où la chanson française était réputée pour sa pertinence et son impertinence, pour sa gaîté et sa profondeur, la verdeur de son verbe et de sa mélodie. Quand on écoute cette chanson de Dominique A, Rendez-nous la lumière, on a le sentiment d'avoir changé d'univers, que ces temps son bien derrière nous, que la chanson française est un genre désormais moribond laissé aux incantations ovines d'une foule de poilus à guitare comme autant de clones de clones de faux-Dylan.
Désolé de "gâcher" la grand-messe festiviste, à l'attention des habitants du 11e arrondissement de Paris et des mangeurs de tofu bio. Lecteur ! S'il te reste encore un peu de sens critique, avant de "rendre" la raison, poursuis avec moi cette rapide incursion dans la nouvelle chanson française.
Voici le texte de cette prière à Gaïa :
On voit des autoroutes, des hangars, des marchés
Des grandes enseignes rouges et des parking bondés
On voit des paysages qui ne ressemblent à rien
Qui se ressemblent tous et qui n'ont pas de fin
[Refrain]
Rendez-nous la lumière, rendez-nous la beauté
Le monde était si beau et nous l'avons gâché
Rendez-nous la lumière, rendez-nous la beauté
Si le monde était beau nous l'avons gâché
On voit de pleins rayons, de bêtes congelées
Leurs peurs prête à mâcher par nos dents vermillons
On voit l'écriture blanche des années empilées
Tous les jours c'est dimanche, tous les jours c'est plié
[Refrain]
On goûte au vieux mensonges des cieux embrigadés
Tant de vies sacrifiées pour du cristal qui ronge
On voit des fumées hautes, des nuages possédés
Des pluies oranges et mauves donnant d'affreux baisers
A qui s'adresse le refrain ? Qui doit rendre la beauté ? Qui a cette capacité ? Mystère. Nous avons "gâché" le monde et quelqu'un doit nous en "rendre la beauté"... Quelqu'un doit nous "rendre la lumière"... Ces deux attribus du Paradis terrestre, beauté et lumière, nous indiquent que nous vivons, aujourd'hui, dans un monde d'obscurité et de laideur, dégringolés d'un Eden dont les clés semblent détenues par l'énigmatique sujet de cette adresse.
Le reste de ce cantique n'est pas plus explicite. Il appartient à la catégorie des chansons catalogues : des choses assez banales sont successivement désignées par des circonlocutions dont on devine que l'auteur les aimerait poétiques.
En fait, comme le refrain tombe de façon bancale sur la dernière rime, comme il lui manque une syllabe et que le chanteur, on ne sait pourquoi, n'a pas pensé compenser ça de façon rythmique, toute cette belle poésie fait un flop.
On peut penser qu'il s'agit d'une vision apocalyptique. De nombreuses expressions font référence à la fin des temps et à une ambiance crépusculaire, violente et résignée.
Dominique A attribue aussi aux couleurs une valeur morale : le vermillon, le mauve et l'orange sont laids. Leurs contraires respectifs sont le vert, le bleu et le jaune, c'est à dire le VERT ! Le Paradis terrestre, perdu par la faute des hommes est un paradis VERT où l'on ne mange pas les animaux, où les paysages "ressemblent" à quelque chose s'ils sont VERTS et ne contiennent ni "autoroutes", ni "parkings", ni "enseignes rouges", etc.
Le Paradis se regrette en "Anatole". L'anatole est une suite d'accord tellement peu originale qu'elle est utilisée massivement dans la moitié du répertoire. Quand on est en Do Majeur, elle fait Do, La m, Fa, Sol7 comme dans 80% des chansons de Trenet. On peut la décaler comme ici : La m, Fa, Sol7, Do. On peut voir notre époque comme laide et révolue sans négliger ses bonnes vieilles ficelles.
On a compris : avec cette chanson, la chanson française, fêtée avec enthousiasme à Boboland, a versé dans la pensée unique écologiste, dans l'acquiescement universel du rousseauïsme cucul, comme celui célébré chaque matin par Didier Varot sur France Inter (Encooooore un matin, pfff....), avec ses formules toutes faites et ses métaphores à cinquante centimes d'euro.
Ce n'est donc pas le moment de se résigner : toute la chanson française aujourd'hui bascule dans cette pensée unique étouffante. Il est temps de réfléchir à autre chose...
06:49 Publié dans Cinéma et propagande | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : chanson, variété, chanson française, dominiquea, dominique a, écologie, festivisme
03 janvier 2012
Une semaine sans les écolos !
Au sujet de l'ASN et de ses avis techniques et circonstanciés, la question que l'on peut se poser est de savoir pourquoi les journalistes s'obstinent à demander leur avis à Greenpeace ?
En effet, le seul horizon valable pour cette conjuration d'hystériques est l'abandon pur et simple de TOUTE la filière nucléaire. Aussi, chaqeu fois qu'ils ont à donner leur point de vue, selon les circonstances, il s'agit avant tout de dissimuler ce rejet absolu et systématique qui est leur SEUL credo pour avoir l'air à peu près fréquentable.
Ainsi, la porte-parole de Greenpeace, interrogée par France 2 ce soir au 20h, brode avec gourmandise sur le coût de l'électricité d'origine nucléaire.
Un autre jour, ce sera sur la sûreté. Un autre encore sur les déchets. Touche après touche, le message délirant des partisans du retour à la bougie rend plus légitime encore un autre agrégat d'allumés : les participants à la semaine sans électricité. Après la semaine sans les femmes, on fera aussi la semaine sans les dents ou la semaine sans les yeux.
Devant une humanité qui ne rêve que de se couper les couilles, la meilleure solution est de leur demander de se taire. Une semaine sans les écolos me semble un excellent programme !
Mieux encore : un quinquennat sans les écolos ! Le rêve...
23:19 Publié dans Cinéma et propagande | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note







