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banania

  • Koh Lanta : trop, c'est trop !

    Hier soir, c'était encore soirée Koh Lanta à la maison. J'ai beau lutter... je n'ai pas toujours le dernier mot. Déjà qu'il y a une télé à la maison. Je suis d'accord avec toi, lecteur : c'est une grave anomalie. Je travaillais à côté, comme d'habitude. Donc j'ai un peu suivi.

    ekolohlantah.jpgCette fois, les tortionnaires new age de l'émission avaient décidé de faire jouer les survivants devant les yeux de leurs proches. Celui qui gagnait avait le droit de passer la nuit dans un hôtel sympa avec le proche en question. Pour l'un, c'était sa femme qu'il n'avait pas vu depuis plus d'un mois, pour l'autre c'était la maman, pour un autre, enfin, c'était le frère. Je sais, c'est bidonné ! Mais ce n'est probablement pas ce qu'il y a de pire, dans cette émission. Aussi, quand un candidat s'est écrié : "30 heures d'avion pour qu'on se voit 5 minutes, si c'est pas une preuve d'amour !", on n'y a pas cru !

    Le jeu consistait à tirer des flèches dans la cible du candidat de son choix. Celui qui arrivait à 3 flèches dans sa cible était éliminé et n'avait pas la récompense ! Le quart d'heure lacrymal...

    La plus belle preuve d'amour, c'était surtout de rester digne dans une situation aussi humiliante !

    Du point de vue de l'idéologie écolo, Koh Lanta est une sorte de cas d'école, une métaphore, une vision prémonitoire. Les candidats doivent survivre à un univers de règles toutes plus absurdes et éliminatoires les unes que les autres. Les épreuves, inspirées des tortures japonaises, se déroulent dans un univers de féérie pour mieux mettre en scène l'abjection morale à laquelle cet univers concentrationnaire mène ces pauvres hères choisis de préférence sans beaucoup de culture.

    On ne voit pas un candidat de Koh Lanta proposer les principes de Charles Fourier pour la vie en communauté. Aucun n'invoque Nietzsche pour justifier son dépassement de soi. Aucun ne se réfère à Descartes pour décrire la prison conceptuelle dans laquelle les candidats sont involontairement soumis.

    Dans chaque saison de KL, on trouve une séquence Y'a bon Banania : le candidat méritant, celui qui a fait sans rechigner 300 pompes dans la bouillasse ou 10 km au pas de course sur des tessons de bouteille, a droit de rencontrer des êtres humains, des vrais. Entendez, de bons sauvages, triés sur le volet. Il y a toujours un moment où l'heureux veinard dit un truc du genre "Ils sont heureux, ils ont la vraie vie, etc." un peu comme dans l'émission de Frédéric Lopez.

    Nous aussi, soumis que nous sommes aux diktats des bons sentiments écolos tout-puissants dans nos centre-villes, il ne peut en rester que de moins en moins. Tu ne roules pas à vélo malgré le règlement ? Va donc habiter plus loin !

    Tu n'as pas un logement bien isolé ? Si tu es propriétaire, on te colle un diagnostic ! Comme ça, ton logement perd de sa valeur et bien fait pour ta gueule !

    Car chez les écolos malthusiens, un bon candidat est un candidat mort !