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bons sentiments

  • Au Lapin qui fume...

    C'est une histoire vraie, que m'a racontée ma boulangère.

    A l'approche de Pâques, une boulangerie située à proximité d'un établissement scolaire a mis dans sa vitrine un petit lapin. En France, l'association entre les fêtes pascales et le lapin n'est pas aussi évidente qu'en Allemagne mais voilà, c'est ainsi. Le lapin était placé dans une boîte comme on en fait pour ce genre d'animal. J'ai connu un lapin, dans une famille chez qui nous sommes allés en novembre dernier, qui avait moins de place dans sa cage que ce lapin-là et qui ne s'en plaignait pas.

    moutarde, lapin, cigaretteMais voilà que les enfants de l'école d'à-côté s'y mettent  de leurs protestations : selon ces chérubins, appuyés par leurs parents bien sûr, il est inique d'utiliser ce lapin à des fins commerciales. D'après ces joyeux penseurs de la cause animale, le cuniculus était maltraité, n'avait pas assez à manger, etc. Je n'ai pas pu vérifier ces affirmations mais j'ai pu constater que la boulangère a fait papatte arrière : le lapin a disparu et la cage est vide.

    Peut-être aurait-il fallu lui promettre un salaire ? un supplément de carottes ? du foin propre deux fois par jour ? Dans une boulangerie, ce ne sont pourtant pas les vieux croûtons qui manquent.

    Les enfants ont même fait circulé une pétition où l'on peut voir la signature de certains de leurs enseignants... Ces détenteurs du savoir républicain ont-ils tant d'ânes dans leurs classes qu'ils ne savent plus faire la différence entre un être doué de parole et un pompon à grandes oreille désespérément muet ?

    Comme la folie pétitionnaire et démago-gnangnan est une maladie contagieuse, voilà qu'un député PS propose d'interdire aux parents de fumer dans leurs voitures. Pour l'instant, comme toute tendance dictatoriale durable s'appuie sur de bonnes intentions et de bons sentiments, le chantage s'effectue autour des enfants.

    J'entends d'ici L'Hérétique me dire que je penche du côté sombre de la force...

    Mais ici, le passage par la loi (inapplicable) en direction des gens normaux se justifie par le manque de crédits destinés à la prévention, aux spots publicitaires et surtout par l'absence de mesures appliquées directement aux cigaretiers qui continuent d'utiliser les méthodes les plus contestables pour rendre les gens dépendants à leurs produits, comme l'utilisation de l'ammoniac. Alors que l'Europe impose des mesures drastiques sur la courbure des concombres, les cigarettes continuent d'être fabriquées en toute impunité dans une intention vénale et crapuleuse.

    En ce qui me concerne (je l'ai déjà expliqué ici), je fume depuis environ 25 ans mais je n'ai jamais été dépendant. Absolument jamais. Je ne fume pas pendant des périodes de plusieurs jours à plusieurs semaines sans difficulté. Je fume peu, certes, mais fumer reste pour moi une activité à part entière. Je ne fume pas sans y penser, en faisant autre chose. C'est un moment particulier qui ne peut se reproduire indifféremment au long de la journée. Et surtout, je n'ai jamais fumé de cigarette. Je fume la pipe, le cigare ou des roulées mais jamais de cigarettes du commerce. Je fume toujours du tabac de bonne qualité, du havane, des tabacs aromatiques, du Davidoff, José Piedras ou des tabacs danois assez difficiles à trouver. J'associe presque systématiquement l'usage du tabac à l'ingestion d'alcools forts (je peux aussi me passer d'alcool pendant de longues périodes) et la pratique des relations sociales.

    Le flicage intensif autour du tabac est surtout le résultat de la politique insensée menée par les cigaretiers depuis cinquante ans pour amasser les dollars sans scrupules sur le dos de la santé des gens. Si une telle politique avait été correctement combattue à l'issue de la Seconde guerre mondiale (Philip Morris), la santé publique et ses difficultés ne seraient pas celles que l'on connaît aujourd'hui. On peut, avec à propos, se rappeler le rôle joué par certaines grandes fortunes faites avec la cigarette dans l'émergence du mouvement écologiste dans les années 60.

    Le lapin, notre héritier dans l'ordre moral nouveau que ce nouvel âge totalitaire est en train de nous construire à coup de bons sentiments, doit se retourner dans son clapier : que n'a-t-il, lui, un gentil Philippe Maurice qui lui donnerait de gentils échantillons de tabac pour qu'il s'intoxique gentiment à son tour comme il se doit ? Ou même, pour être plus branché, des plans de cannabis thérapeutique à grignoter pour se guérir de la disgrâce de n'être pas né humain ?

  • L'Enfer est pavé de bons sentiments

    Nos enfants fréquentent le système scolaire public français, comme beaucoup d'autres enfants de leur âge. Nous sommes donc, en tant que parents, régulièrement confrontés aux rituels du système, comme les conseils de classe, les réunions parents-profs, les élections de délégués, etc. Les pires expériences en ce domaine, nous les devons sans aucun doute à la FCPE.

    fcpe,écologie,bons sentimentsDans le temps, quand j'étais moi-même collégien, j'entendais mes parents dire plutôt du bien de la "Fédération Cornec" du nom de celui qui lui avait, à cette époque, donné quelques couleurs républicaines. Aujourd'hui, on entend, dans les médias, le président de cette fédération, Jean-Jacques Hazan, dire que les enfants n'ont pas besoin de devoirs de lecture à l'école puisqu'ils lisent, le matin en déjeûnant, sur les paquets de céréales !

    J'ai déjà reçu un mail de sollicitation du responsable FCPE local cherchant des parents pour siéger aux conseils de classe. Ce responsable mettait en avant les avantages d'être représentant : le premier argument était qu'en se trouvant soi-même au conseil de classe, on pouvait défendre le cas de son propre enfant ! Bonjour, la représentativité !

    Dans l'établissement où se trouvait mon fils, un professeur avait, comme on dit pudiquement, "du mal avec les élèves". Une pétition a circulé pour le faire renvoyer de l'établissement. Quelle unanimité ! On a réuni des témoignages, tous émanant de la bouche d'élèves. Tout le monde sait que ce que disent les enfants sur leurs professeurs est parole d'évangile. Puisqu'à Boboland, les mots d'un enfant sont à graver dans le marbre... Il y a même une mère qui voulait signer des deux mains alors que, disait-elle, son enfant n'avait jamais été en classe avec le professeur en question. Allô, la Kommandantur ?

    Dans l'établissement local, avec la bénédiction des parents d'élèves, il existe un section bi-langue : dès la 6e, les enfants ont deux langues vivantes. C'est évidemment une forme d'élitisme qui pourait passer pour discrète si, dans la présentation qui est faite par l'équipe de direction, on ne se rendait compte que tous les projets éducatifs un peu intéressants sont programmés uniquement pour ces élèves-là. C'est vrai que c'est sûrement plus difficile d'organiser une sortie avec une classe de pauvres. Bonjour, l'égalité républicaine !

    Les mêmes quadras, bobos à vélos, écolos jusqu'à l'os, nous les brisent à force de bons sentiments dans la sphère politique locale. Ils sont à la manoeuvre pour nous coller des stationnement interdits, des sens uniques, des rues piétonnes, des marchés de Noël en fausses cabanes de bois, des festivals du collier de nouille, des apéritifs-concerts conviviaux, des fêtes des voisins pochtrons, etc.

    Avec nos gosses, ils développent le même darwinisme social : toujours plus normatifs, toujours plus injonctifs, ils sacrifient l'équilibre des leurs et des nôtres sur l'autel de la rentabilité éco-citoyenne. "Comment est-il possible de ne pas être aussi formidable que nous ?"

    Le pire vient au moment de l'orientation. C'est la foire d'empoigne et gare à qui ne vient pas avec son avocat, son cousin de l'Inspection académique ou son voisin neveu de ministre pour obtenir la BONNE place dans le BON lycée ! Là, les parents, toujours avec la bénédiction ou la complicité de la FCPE, sont capables de tout pour faire sauter un zéro ou un mot de travers sur le bulletin. Des fois que ça fasse louper l'inscription à Henri IV. Transformés en côôtches de champion, le couple parfois divorcé se retrouve avec effusions pour venir cogner sur le prof dans le bureau du proviseur. Verbalement bien sûr.

    S'il vous plaît, vous qui lisez ce blog, n'hésitez pas à faire part de votre expérience.

    Car comme l'écrivait Emmanuel Kant : "L'école a deux ennemis mortels : l'Etat et les parents d'élèves."

  • Pfff.. Encore un matin... en attendant la fin du monde !

    Ce matin, sur France Inter alias Radio Bobo, c'était "Encore un matin..." du chroniqueur hyperfestiviste Didier Varrod. On y a atteint des sommets en attendant la fin du monde. En écoutant le chroniqueur, on avait juste envie qu'elle arrive plus vite...

    Didier Varrod, bons sentiments, jazz, fin du monde, 21 12 2012La victime du jour est un jeune saxophoniste, Baptiste Herbin. Comme il a 25 ans et qu'en terre festiviste, la jeunesse est une vertu morale, son panégyrique a eu des nuances de tendresses qui le rendaient encore plus drôle que d'habitude. "Baptifte Herbin voulait dévà vouer du faxophone à l'âve de quatre ans !" Vous rendez-vous compte ?

    L'auditeur était censé se trouver subjugué par la virtuosité du saxophoniste alto ; il était juste agacé par des arpèges rapides et durs sans rien de commun avec ce qui les avait inspiré (le bebop, un style de jazz vieux de 70 ans), des ballades poussives sans relief au timbre épais comme une feuille d'OCB, des traits ultra-rapides sans âme servis par une technique apprise chez Massey-Fergusson.

    Misère ! Il suffit que ça ressemble un peu aux Soeurs Jumelles de Michel Legrand pour qu'on compare l'inspiration du saxophoniste en culotte courte à celle du compositeur des Parapluies de Cherbourg. Pauvre de nous, on n'y avait pas pensé !

    C'est surtout la prose glougloutante de Didier Varrod qui nous cueille chaque matin : un morceau insupportable de mauvais français mal lu au sujet de musiciens toujours identiques à force d'originalité, toujours consensuels à force de subversion, toujours anglicisés à force d'anglicisme.

    C'est en général dans sa dernière phrase que notre virtuose de la bien-pensance musicale est le plus fort : "11 titres dont 10 compovifions orivinales : on y goûte une foupleffe du veu accompagnée d'une belle félérité dans fon phravé qui n'a pas peur de fouffler dans la nuanfe tout en vouant danv un même morfeau dans des reviftres de tonalités vertivineux."

    Ne cherchez pas, ça ne veut rien dire. La "virtuosité de chute libre" du Sonny Stitt de la chronique musicale est plutôt une originalité "en chute libre" qui nous émeut par son pouvoir gnan-gnan repoussoir, ses vertus émétiques, ses tonalités enfantines, son goût pour le gloubi-boulga...

    Vivement la fin du monde !