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cheissoux

  • La noblesse des particules

    Nous voilà en pleine célébration. Vous ne le saviez pas mais nous y sommes, bel et bien. Les médias entonnent à tue-tête le refrain de la pollution atmosphérique tandis que le choeur, bêlant doucement en contre-chant, suit le mouvement et s'agenouille gentiment devant les mesures cosmétiques du gouvernement. Les experts jouent au bas-clergé pendant que les évêques officient doctement à l'assemblée, pondent des bulles en direction d'un firmament désespérément muet. Le ciel se fait allégorie de nos péchés, de nos fautes. Les nuages se font lourds d'obscures menaces climatiques que nos nouveaux sculpteurs de gargouilles rendent aussi effrayantes que possible. Le catéchisme a quitté les chapiteaux des églises pour envahir les unes des journaux. Le Dieu des juifs, des chrétiens et des musulmans s'est changé en Gaïa-la-vengeresse...

    particules fines, écologie, cheissouxOn a un aperçu de l'intoxication généralisée qui a envahi les médias en réécoutant l'émission de propagande écologiste de Denis Cheissoux, CO2 mon amour. Celle du 15 mars 2014. Entre deux quintes de toux très attendues, le journaliste néoténique nous inflige son pamphlet oui-ouiste tout aussi attendu puis prend au téléphone un expert patenté.

    C'est du sérieux. Il s'agit tout de même d'"attaques de particules fines", non ? Manque de chance, le correspondant nous rappelle que ces satanées petites bêtes ne viennent pas principalement du diesel mais de la construction de bâtiments et de l'agriculture. En plus, les sources varient. Ici, c'est du diesel mais là, ça peut venir du chauffage au bois. Cette constatation n'empêchera pas le promoteur écolo de faire la pub du chauffage au bois dans une autre émission. Il faut bien vivre.

    Comme d'habitude, aucun chiffre sérieux n'est donné : aucune proportion ne vient étayer quoique ce soit. Il ne faut surtout pas empêcher de gamberger la ménagère de moins de 50 ans ou le rolleriste parisien. S'il y a effectivement un problème, il concerne la santé publique et doit amener les pouvoirs publics à trouver des solutions viables. Donner des chiffres amènerait le journaliste à laisser penser que des scientifiques, c'est à dire autre chose que des écologistes, se sont penchés sur la question. L'écologie préfère de très loin le discours irrationnel et la désignation d'un ennemi absolu, d'un axe du mal, d'un complot anti-Gaïa.

    Ici, l'ennemi, c'est la voiture.

    Ailleurs ce sera le nucléaire, ou l'aluminium, ou les rayonnements ionisants. Qu'importe. L'important est d'hystériser le discours, de le faire basculer dans l'hypothèse saugrenue, de lui faire porter un contenu cosmico-apocalyptique susceptible de faire vibrer le lecteur ou l'auditeur, c'est à dire de faire bouillir la marmite. Les particules fines sont devenues "extrêmement dangereuses", comme disait une ministre de la bien-pensance il y a quelques mois (Batho).

    Le principe de l'écologie, ce nouveau fascisme, c'est l'élimination concentrique : on commence par le diesel. Ensuite, on fera évoluer les normes pour marginaliser l'essence et favoriser le GPL, pourquoi pas ? Ensuite, on passera au tout-électrique puis on se rendra compte que ça ne gêne pas assez les gens, qu'ils continuent d'imaginer des stratégies pour continuer à vivre, à se développer, à se reproduire et à inventer, à créer. A vouloir profiter de la vie.

    Au fond, l'ennemi de l'écologie,... c'est l'homme.