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christophe bonneuil

  • Les nouveaux prophètes de l'Apocalypse

    Vous voulez devenir riche ? Passer à la radio ? A la télé, même ? Faire l'objet de beuses, de couises, de touites, de laïkes et autres témoins de votre enviabilité ? Alors prévoyez l'Apocalypse ! Faites comme le jeune (?) Christophe Bonneuil, militant écologiste et historien des sciences. Ce chercheur qui n'a pas peur des oxymores nous apprend, au cas où le bourrage de crâne médiatique ne nous l'aurait pas encore fait comprendre, que nous sommes de trop sur cette Terre, que nous polluons, etc., etc.

    Christophe Bonneuil, WarholRien d'original, vous me direz. Des petits prophètes de l'Apocalypse, fussent-ils prétendus historiens (car on ne peut être historien et écologiste), il y en a eu depuis l'aube des temps. Se prétendre historien, quand on est écolo, c'est un peu comme se prétendre démocrate quand on vote Marine Le Pen. On oublie.

    J'écoutais ce plumitif de la cause écolo sur France Inter ce midi. Dix minutes de célébrité. C'est à chaque fois le même refrain, mais chaque fois plus violent, plus brutal, plus arrogant, pour tout dire plus odieux. Cette fois, la stratégie marketing consiste à récupérer la notion d'ère géologique (ce qui n'est pas rien) pour en faire un outil menaçant de propagande écolo (c'est à dire presque rien).

    Une ère géologique, c'est une étiquette posée par des historiens sur des époques pour que ce soit pratique. Là, le discours consiste à dire "Vous rendez-vous compte ? Vous polluez tellement que ça nous fait changer d'époque géologique !" Les journalistes jubilent. Enfin, chez les écolos, un bon client ! Le seul problème, c'est quand l'écolo et l'historien sont la même personne. Il y a comme un conflit d'intérêt lexical. Mais ça n'effleure pas le sens de la déontologie du présentateur : avec l'écologie, il y a longtemps que toutes les barrières lexicales et morales ont été franchies.

    Nous pouvons, comme d'habitude, proposer à ces personnes de montrer le bon exemple. Que ce Christophe se suicide tout de suite. On n'en parlera plus. Il cessera de nous infliger ses livres, économisera le papier et l'énergie nécessaires pour les diffuser, ne verra pas la fin du monde promise (quel soulagement pour lui !), etc.

    Mais non ! Ils sont encore et toujours là, ces militants de mauvaise augure.

    C'est que Malthus pour les nuls, ce n'est pas pour eux ! Eux sont utiles à l'humanité toute entière puisqu'ils diffusent la bonne parole qui la sauvera, tandis que nous, les incroyants, les "climatosceptiques", les bénéficiaires du doute scientifique, les mangeurs de viande, les conducteurs de voiture, nous ne méritons que la mort.

    Ces nouveaux prophètes, donneurs de leçons frelatées, constituent une nouvelle aristocratie d'opinion. Ils sont du bon côté de la foi, ils croient en de bonnes idées, ils s'enchaînent aux rails pour de bonnes raisons, ils mettent des pavés dans la gueule des CRS pour les convaincre du bien-fondé de leurs actions. Ils veulent notre mort pour leur bien. Ils achètent leur Paradis sur Terre.

    Les Fukushima, les bébés phoques, les glaciers qui fondent, les vélos en ville, etc. ne sont que des évidences, des sources d'acquiescement généralisé, des attrapes-couillons pour convaincre de la justesse évidente de leur cause et de notre impureté ontologique à ne pas les croire. Exactement comme font les sectes pour recruter. Comment est-il possible de ne pas croire de telles évidences ? C'est que nous sommes moins enclins, nous, à passer à l'acte. Se pendre n'est pas dans notre programme.

    Vous avez compris ? Si vous voulez un jour devenir célèbre pendant plus de 10 minutes, si vous voulez que votre blog décolle, si vous voulez passer à la télé, prédisez l'Apocalypse !