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club de rome

  • Le mensonge des ressources limitées

    Marianne a récemment publié un numéro consacré au mensonge sous toutes ses formes et, on s'en doute, au mensonge politique.

    L'hebdo bobo a oublié, et pour cause !, de parler du plus terrible des mensonges politiques qui affecte le monde humain actuellement : il s'agit de l'idéologie malthusienne et en particulier son idée la plus simple et la plus répandue selon laquelle les ressources de la Terre sont limitées et que la surpopulation menace l'avenir de l'humanité.

    Le rapport Meadows, commandé par le groupuscule VIP d'extrême-droite appelé Club de Rome, a été réalisé par une écologiste et un physicien en utilisant des méthodes issues de la théorie systémique, c'est à dire issues de la même branche scientifique que l'écologie.

    World3, le programme informatique qui a permis de réaliser la simulation à l'époque, tient compte de la population, de la croissance industrielle, de la production agricole et des limites des écosystèmes terrestres (sic). Curieusement, il manque un paramètre pourtant essentiel à cette magnifique équation : le progrès scientifique. Ainsi, le Club de Rome prévoyait pour l'an 2000 une crise de l'approvisionnement en cuivre sans imaginer un seul instant que les cricuits prendraient des tailles de plus en plus petites. Ces améliorations putatives n'ont pas empêché ce lobby des multinationales (Peccei venait de la Fiat...) de répandre leurs prévisions pessimistes dans les médias, bienveillants pour l'occasion.

    apocalypto-2006-06-g.jpgAujourd'hui, c'est toujours la même chose et les écolos, qui ont largement accès aux médias, n'ont plus à se donner beaucoup de mal pour ancrer ces idées simplistes dans le grand public.

    Il y a le parti écologiste, celui qui nous fait bien rire de temps en temps. Il y a l'écologie militante, celle qui donne des sites internets impayables, truffés de recettes de grand-mère et de piges approximatives. On rigole pas mal aussi.

    Mais il y a surtout l'écologie rampante, celle qui est sous-entendue par Pujadas au 20h, cette idéologie du Bien sous toutes ses formes et de l'optimisme benêt. C'est la pire et la plus répandue. L'esprit critique est à la retraite. Le sens commun s'est fait les valises. Dans ce boxon scientifique où règnent les faux chiffres, les extrapolations à coup de marteau, les données caviardées et les rapports du GIEC, la ménagère sous hypnose trouve son miel sensationnel. Négativement : les prévisions alarmistes (et toujours fausses) lui donnent le frisson. Positivement : s'il suffit de fermer son robinet pour commencer à sauver la planète, ses gestes ont une portée cosmique.

    La seule notion de limite pour les ressources terrestres n'a en réalité aucun sens. Elle fait partie du modèle du rapport Meadows comme une données que l'on cherche à démontrer. Elle fait partie des conclusions mais aussi des hypothèses à travers le modèle systémique. Elle est donc tautologique. Elle n'a sa place dans aucune étude scientifique sérieuse sur la démographie.

    Récemment, Marianne avait publié un autre numéro sur les économies budgétaires : il y en a une qe l'hébdo a oublié. Supprimer le Ministère de l'Ecologie ferait économiser au budget de l'Etat français 13 milliards d'euros.

    Qu'est-ce qu'on attend ?

  • Homoparentalité : le retour du débat

    On le sentait bien dans les médias : le débat sur l'homoparentalité semblait confisqué, déjà tranché. Il faut bien hélas reconnaître un mérite aux maires UMP que leurs collègues de l'Île aux Enfants n'ont pas eu : celui de remettre sur la table des éléments de discussions face auxquelles les réactions habituelles n'ont pas prise.

    On a eu le même mécanisme pour l'écologie : "Comment ? Vous vous élevez contre l'écologie ? Vous êtes contre les bébés phoques et la gélinotte mordorée ? Vous voulez que tous les animaux meurent ?"

    Tous les animaux ? Non, juste quelques représentants de l'espèce homo cretinus ecologicus.

    Pour le débat sur l'homoparentalité, les psys commencent à parler et à donner des arguments intelligents, sensibles, fondés sur l'expérience. Alors évidemment, les journalistes sont emmerdés. On voit bien qu'ils ne réservent leurs questions embarrassantes qu'aux débateurs du "mauvais" côté mais ils ont bien du mal à les faire passer pour de vieux réacs disciples de Christine Boutin. Ils ont du mal à leur demander : "Comment ? Vous n'aimez pas les homosexuels ?"

    Ces nouveaux débateurs compétents ne font pas les "idiots utiles" de la droite catholique. Ils amènent une vraie plus-value au débat, une hauteur de vue qu'il est bien difficile de prendre quand on est journaliste à France-Inter.

    Il suffit de réécouter Patrick Cohen ce matin sur cette radio : on aurait dit qu'il modérait un débat entre Cécile Duflot et Jacques Cheminade !

    Evidemment, face au GIEC, à l'ONU, face aux torrents de bons sentiments relayés par l'Île aux Enfants (la gauche bobo) comme hier face au Club de Rome, au Club des 1001, il est plus difficile aux intellectuels comme Luc Ferry ou Pascal Bruckner qui élaborent un discours critique sur le totalitarisme écologique de se faire entendre. Mais il est toujours bon de constater que le débat peut resurgir au moment où on l'attend le moins.

    Comme, de toutes façons, le débat est déjà réglé d'avance à l'Assemblée et au Sénat, au moins les citoyens auront été prévenus.

  • Conférence de Doha : chronique hypocrite d'un échec annoncé

    Dans un entretien accordé au quotidien Le Monde, Bettina Laville tente d'expliquer pourquoi le prochain rendez-vous climatique est censé être un échec.

    Bettina Laville est une avocate, ancienne conseillère ministérielle chargée d'écologie. Elle travaille actuellement dans le cabinet Landwell, dans le plus gros réseau de société de services en gestion financière de la planète, PwC. Elle est aussi membre de la section française du Club de Rome.

    Depuis le premier sommet sur le climat à Rio en 1992, il y a 20 ans, les "progrès" réalisés vont partir en fumée puisque le seul protocole contraignant, celui de Kyoto, arrive à échéance à la fin de 2012. Que le lecteur se rassure, le dispositif du casino des droits à polluer, entériné à Copenhague, reste en pleine activité. Pendant que les écolos pleurnichent, les affaires continuent.

    Mme Laville croit savoir, avant que le sommet ait eu lieu, à Doha, qu'il n'y aura pas d'accord significatif sur la limitation des émissions de gaz dits "à effet de serre". Pour elle "Les décideurs n'ont pas su comment faire se rencontrer intérêts économiques et écologiques."

    Je pensais naïvement, après m'être fait traité de climato-sceptique, que l'écologie était une science, une vraie. Qu'elle permettait de prévoir la montée des eaux, la disparition des îles, l'arrivée des moussons en Europe et l'âge du capitaine avec 5 chiffres significatifs. J'imaginais que les sacro-saintes données du Centre de recherche sur le climat de l'Université d'East Anglia avaient résisté aux assauts des méchants hackers pleins de mauvaises intentions pour les baleines à bosses et le corail rouge.

    Le blogueur Novak m'avait fait la leçon : l'écologie avait ses lettres de noblesse. Désormais, il fallait la considérer comme une vraie discipline, de celles dont on peut critiquer les méthodes, de celles dont les informations sont universellement publiées et vérifiables, etc.

    La phrase de Mme Laville prend tout ce bel échaffaudage à contre-pied. Comment ? Il existe des intérêts écologiques, comme il existe des intérêts mathématiques ou des intérêts philosophiques ?

    Non, bien sûr, mais comme il existe des intérêts économiques.

    Tous ceux qui, journalistes ou non, cherchent à nous montrer à longueur de journées, de programmes télé ou radio, au fil des manuels scolaires de SVT, d'histoire ou de géographie, que l'écologie est une science sont des falsificateurs, ou au mieux des naïfs. L'écologie a des intérêts congruents à ceux de l'économie dans le meilleurs des cas. D'ailleurs, Mme Laville l'avoue sans détour : la prochaine conférence du GIEC ne servira qu'à donner un "pseudo-support scientifique" à ces conférences stériles, payées avec nos impôts.

    A qui profitent donc ces intérêts économico-écologiques ? Il suffit, pour le savoir, de chercher pour qui travaillent le Club de Rome ou l'UICN. Pour Mme Laville, la catastrophe consiste en ce que "les Etats pourront donc choisir de réduire leurs émissions s'ils le souhaitent, dans les proportions qu'ils désirent et par rapport à l'année de référence de leur choix." En d'autres termes, elle appelle de ses voeux une structure supra-nationale capable de contraindre les Etats. Cette structure existe déjà et finance, pour sa propre cause, une myriade d'associations, de réseaux, d'ONG militant pour la protection de la nature : il s'agit de l'ONU.