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  • Ecologie : une lueur d'espoir...

    C'est une lueur d'espoir qui clignote faiblement à l'horizon des municipales. Noël Mamère quitte le parti écologiste Europe Ecologie Les Verts. Il a donné un entretien au quotidien Le Monde. Après le rejet de Pascal Durand et la valse-hésitation des ministres vert-de-gris, le moins que l'on puisse dire est que les écologistes français disposent d'un appareil politique en charpie.

    bambi.jpgC'est une petite lueur d'espoir pour les citadins dans les années à venir.

    Car un recul significatif du parti écologiste dans les municipales, un scrutin emblématique pour leur politique de la ville, serait lourd de conséquences sur le quotidien des français qui travaillent ou se déplacent en ville. Les aménagements urbains qui empoisonnent matin et soir ceux de nos contemporains qui n'ont pas d'autre choix que de se rendre à leur travail en voiture vont peut-être ralentir le rythme de leurs sacages.

    Les impôts écolo-malthusiens (taxe carbone, taxe sur la respiration, taxe sur les pipis de chat, etc.) vont peut-être aussi trouver une justification et une imminence moins fortes et il sera plus facile de les combattre dans l'Hémicycle, avant l'irréparable.

    Les fêtes écolos, celles qui occupent tout le centre-ville pour honorer la saucisse bio ou pour lutter contre la déforestation en milieu urbain, vont peut-être aussi diminuer en nombre et en fréquence. Moins de bons sentiments, moins de fêtes à gnan-gnan, de célébrations anachroniques, d'apéro champêtres sur bitume, de marchés gourmands (comment un marché peut-il être gourmand ?) où des vendeurs d'amulettes bio remplacent les anciens camelots.

    Hier soir, j'ai regardé le docu d'Arte sur Goldmann Sachs. Je vous le conseille, pour vous guérir définitivement de l'écologie politique.

  • Encore mieux que l'écologie : la néo-écologie

    Les Inrocks, organe de la jeunesse-parisienne-qui-bouge, brosse le portrait de Julien Bayou. Fooooormidable ! Vas-y mon chou, c'est du direct.

    Avec deux anciens de la campagne présidentielle d'Eva Joly, il veut donner une nouvelle jeunesse au parti le plus jeune de France, EELV. Voire faire sécession pour créer quelque chose nouveau. Je sais pas, moi... Un truc qui bouge, quoi... Texto : « c’est un espace de rencontre, de réflexion et de partage pour tous ceux qui veulent apprendre à se bouger les fesses » C'est dire si la néoténie lui colle au patrimoine génétique.

    L'article est un concentré de bougisme. J'ai du mal à prélever des perles. Elles sont trop concentrées. Une sorte de catéchisme de la presse bougiste pour faire bouger le lecteur vers le bougiste du bougisme. EELV s'est institutionnalisé ? Qu'importe : "Un sérieux training  s’impose, d’urgence, au sein du parti. Il faut trouver des ponts, un électorat, une crédibilité."

    PetitPrince.jpgC'est sûr qu'il faut d'urgence nous supprimer encore un bon paquet de places de parking, nous supprimer aussi pas mal de libertés inutiles, toutes ces choses qu'on fait sans penser à notre mère Gaïa, tout ce temps gaspillé à ne pas honorer comme il se doit l'effort de ceux qui vont au travail à vélo. Il faut d'urgence créer le crime de négation du réchauffement planétaire pour faire taire les sceptiques.

    Vous voulez du Julien Bayou dans le texte ? Y'a qu'à demander. C'est toujours rapporté par la pigiste béate de la Pravda du Mangeur de Tofu Bio. Accrochez-vous :

    « Pour que ces initiatives si riches puissent contrecarrer avec suffisamment de puissance les dynamiques mortifères de notre temps et qu’elles ne soient pas cantonnées dans un rôle de simple contestation ou de palliation, il est décisif de regrouper leurs forces et leurs énergies (…). Ce qu’elles ont en commun, c’est la recherche d’un convivialisme, d’un art de vivre ensemble qui valorise la relation et la coopération (…) en prenant soin des autres et de la Nature »

    C'est tiré d'un de ses bouquins qui s'appelle Manuel convivialiste.

    Le convivialisme, c'est l'art de faire accepter à ceux qui travaillent loin que d'autres les emmerdent à vélo parce qu'ils ont un meilleur job. C'est le talent de faire payer aux classes défavorisées des impôts injustes, comme la TVA ou la taxe recyclage, ou de nouvelles charges comme le Linky (voir Que Choisir ? de ce mois-ci) tout en les culpabilisant. C'est le génie (malthusien) de faire admettre au monde entier qu'un massacre peut avoir de bons côtés vu qu'il y a trop de monde sur Terre.

    Et Julien Bayou, pour l'écologie politique, c'est la bonne idée qui consiste à donner un visage humain à l'inhumain, puisque "les dynamiques mortifères", bien sûr, c'est les autres. La théologie de la décroissance, ce n'est pas mortifère. Les taxes et les contraintes quotidiennes, ce n'est pas mortifère. Le marché carbone, les éoliennes non plus. Pour Gentil-Julien, ça s'appelle "prendre soin des autres et de la Nature". Très peu pour moi !

    Il paraît, c'est la pigiste à impact négatif qui nous l'apprend en retenant sa respiration, que Saint Julien aime Saint Hans Jonas, l'inventeur halluciné du chantage aux générations futures. Je résume : il faut interdire tout ce qui hypothèque la survie des générations futures. A ce titre, l'écologie politique vote pour la décroissance, c'est à dire à terme la diminution du nombre d'individus sur Terre ! On commence par tuer des pauvres pour assurer la survie des enfants des riches ?

    Nous proposons à Julien de diminuer l'impact écologique déjà très élevé de son train de vie agité. Nous lui conseillons de moins consommer, en particulier d'heures d'antenne, de se taire aussi souvent que possible, de débrancher son ordinateur portable définitivement, de prendre des vacances au milieu des chèvres du Larzac et de nous laisser tranquille.

    Alleluia !

    PS : J'ai essayé de me connecter avec mon compte Facebook sur Les Inrocks pour poster un commentaire à cet article. Pas de bol : j'ai refusé la demande d'accès à mon profil public émanant du plus cool des mensuels pour les Djeuns'. J'ai donc atterri sur une page avec plein de morceaux de code Java dedans. Impossible de refuser l'invitation du plus démocrate des inquisiteurs ?

  • Syrie : les écologistes pris au piège

    Jean-Vincent Placé vient de demander, au nom du principal parti écologiste, un vote au parlement en ce qui concerne une intervention en Syrie mais il y a très peu de chances qu'il soit entendu. Non seulement parce que le gouvernement ne le veut pas mais surtout parce que cela n'aurait strictement aucun effet sur la décision de François Hollande. Un tel vote ne peut être que consultatif car la Constitution ne le prévoit pas.

    Jean-Vincent Placé, EELVEELV se trouve ainsi tenaillé entre son appartenance au gouvernement, une fois de plus critiquable, et ses convictions pacifistes. Mais le parti est aussi pris au piège de sa propre propension aux bons sentiments. Le sort horrible des populations syriennes ne fait aucun doute et nous sommes loin, dans ce contexte, de la situation des Américains après les attentats du 11 septembre, obligés d'inventer des preuves pour détruire un ennemi imaginaire qui n'y était pour rien, dans le seul but de semer le chaos à travers le monde et de piller le Trésor fédéral.

    Ici, au contraire, l'embarras des Américains et des Français est aussi palpable que l'arrogance de Bachar.

    L'empressement surréaliste de Harlem Désir à dénoncer "l'esprit munichois" de la fronde anti-interventionniste témoigne d'une perte de repères et de sang-froid de la part de la Gauche. La nouvelle religion des Tartuffes de Boboland, la religion des Bons Sentiments, ne suffit plus à cacher l'amateurisme d'un camp politique qui écoute davantage ses traders que ses penseurs, plus DSK que Chevènement, plus les pauvres pamphlets de Paul Ariès que les oeuvres complètes de Jaurès.

    Dommage. A un moment de l'Histoire où la Gauche aurait vraiment besoin d'être à gauche, les morpions de la Bonne Pensée se font entendre et menacent, aveuglément. Néanmoins, c'est une occasion historique de rompre avec les écolos : qu'ils s'en aillent !

    Et ensuite, de ne pas aller en Syrie, mais pour de vraies raisons.