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europe

  • Empire du Bien et balkanisation de l'Europe

    Avec la sécession progressive de la Catalogne vis-à-vis de l'Espagne puis celle de l'Ecosse vis-à-vis de l'Angleterre, l'Europe entre de plain-pied dans un processus de balkanisation d'une extrême gravité avec la possible partition de la Belgique. Il y avait eu la séparation de la Slovaquie et de la République Tchèque dans un climat apaisé. Aujourd'hui, la crise financière, politique et morale que les institutions européennes ont provoquée font apparaître ces mouvements d'opinion séparatistes comme des symptômes d'un affaiblissement généralisé du continent.

    empire du bien,europe,balkanisation,organisation consul,are,franco,décentralisation,régionalisation,belgique,ecosse,catalogneLe terme Balkanisation a été employé pour la première fois en 1918 par Walther Rathenau, industriel et homme politique allemand, assassiné en 1920 par une société secrète d'extrême droite, l'Organisation Consul. La balkanisation n'était pas, pour Rathenau, un processus avantageux pour les peuples et leurs dirigeants.

    Aujourd'hui en France, la décentralisation et le séparatisme sont considérés avec bienveillance ou tout au moins avec bonhommie, en particulier à gauche. En Espagne, le mouvement centrifuge des régions est considéré comme une des valeurs de la gauche pour des raisons historiques. Les élites catholiques et droitières qui avaient dirigé le pays jusqu'à Franco s'étaient efforcées de rassembler les différents constituants du pays pour en faire une nation puissante. Par contre, en Belgique, le séparatisme adopte la même généalogie politique qu'en Italie. Dans tous les cas, c'est un sentiment d'injustice et un désir d'identité qui s'expriment alors que ces mouvements procèdent plutôt d'un immense égoïsme.

    L'autodétermination, vue de la gauche française, semble partager des valeurs communes avec la décolonisation et le démantèlement des empires, et ces valeurs annihilent tout pragmatisme dès que la mauvaise situation économique touche les citoyens. Tout le monde en Europe semble trouver que l'émergence de micro-états est une fatalité et qu'après tout, l'Europe n'en gouvernera que plus facilement ce grand ensemble de micro-revendications. C'est l'Empire du Bien, version géopolitique.

    La réalité est évidemment plus sombre.

    Un ensemble politique est fort si ses différentes composantes le sont aussi. Cette balkanisation, que d'autres appellent régionalisation de l'Europe, appelée de ses voeux par l'Assemblée des Régions d'Europe, ne pourra donner le jour qu'à un géant de papier, sans consistance politique, sans horizon idéologique à l'exception de l'orthodoxie bancaire, c'est à dire la faillite financière, politique et morale.

    L'éclatement des nations qui se déroule aujourd'hui sous les yeux attendris des tenants de l'Empire du Bien ne peut aboutir qu'au déclin européen comme autant de péripéties de la "fin de l'Histoire", processus de fragmentation à l'infini de nos destins virtuels.

  • L'écologie en pleine contradiction

    Il n'est jamais trop tard pour se rendre compte que l'idéologie écologiste est servie par un mouvement en pleines contradictions.

    Daniel Cohn-Bendit fait semblant de découvrir que le parti dont il est à l'origine, EELV, doit assumer des options politiques gauchistes pendant que les députés votent la rigueur du budget. Il est, à mon avis, assez difficile de comprendre la solution de ce paradoxe selon Saint Dany. Ne parlons pas de la position des ministres Duflot et Canfin, dont Jean-Vincent Placé s'interroge à voix haute sur l'opportunité de leur démission.

    Je me suis déjà exprimé sur le complet décalage entre la fonction et l'idéologie chez Duflot. N'insistons pas.

    Aurait-il fallu que le parti écolo vote des deux mains pour le traité de décroissance ? Ou bien faudrait-il que les députés verts votent contre le budget ? C'est la deuxième solution qui semble tenir la corde mais c'est probablement la première qu'aurait préféré DCB.

    Pourquoi ?

    Eh bien, pour que les Verts comprennent enfin tout le bien que les banquiers européens, ceux qui continuent à dîner de caviar pendant que les Grecs sont au pain sec, pensent de l'écologie et de la décroissance. L'écologie qui, disons-le encore, fut re-fondée dans les années 60 par un collectif d'industriels et de financiers multinationaux (Fiat, Philip Morris, le Club de Rome, le Club des 1001, etc.) autour d'un programme malthusien, cette écologie-là reste un outil formidable de production de peurs en tous genres, de pensées apocalyptiques et de justifications en or massif.

    Moins de voitures ? C'est bon pour la planète !

    Moins d'industries ? C'est bon pour la planète !

    Moins d'emplois ? C'est bon pour la planète !

    Moins de gens ? C'est bon pour la planète !

    Il reste, hélas pour Dany, un petit reste de sentiments gauchistes chez les écolos. C'est ce petit fond, celui qui nous fait bien rire parfois, qui produit ce type de réactions. Pour un idéologue passé de la gauche coup-de-poing à l'écologie coup-de-torchon, c'est encore un peu dur à comprendre. Ne lui en veuillez pas. Au village, on l'aime bien quand même.