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fin du monde

  • La Terre Promise de l'écologie

    L'écologie, je veux dire la religion écologiste, a sa Terre Promise. Une sorte de Jérusalem céleste, une cité éternelle qui résiste à l'injure du temps, qui accroît sans cesse le nombre de ses habitants et dont un million de bardes à travers le monde chante les louanges sans cesse à coup de bombardes et de gaïtas.

    Cet univers à la fois mythique et réel, rêvé mais palpable, unitaire mais transcontinental, rassemblant dans la même indifférenciation unanime tous les participants à ses fêtes nocturnes, ce pays libéral et moralisateur à la fois, c'est le Celtisme.

    celtisme, écologie, végétariens, néo-nazisLes Celtes, c'est quoi ? C'est un ensemble de peuples non-latins qui parlaient mais n'écrivaient pas des langues apparentées qui se retrouvent dans différents dialectes comme le breton, le gaëlique ou le galicien. Même si on a artificiellement restauré l'apprentissage d'un breton moribond dans les années 70 pour des raisons politiques, il reste que cet archipel linguistique n'a aucune commune mesure avec le bizeness pseudo-artistique, para-religieux qui en découle. Dans l'ère hyperfestive (Muray) où l'Histoire a été remplacée par la rêverie permanente en un monde "citoyen et responsable", où le quotidien s'est effacé devant le journal télévisé, où le délirium écolo permanent tient lieu de valeur morale, la seule référence historique exempte de ringardise reste cette prétendue civilisation qui ne connaissait pas l'écriture.

    Le psychédélisme des années 70 nous a laissé les guirlandes de Noël clignotantes, le celtisme nous laissera le fest-noz, cette curieuse manie de se bourrer la gueule au chouchen ou au cidre en se trémoussant comme dans les films médiévaux. Inscrit au "patrimoine immatériel" de l'inanité depuis début décembre, l'hypno-Fest-noz a encore de beaux jours devant lui.

    Pendant ce temps, le délire millénariste qui s'empare des fervents adeptes de sectes celtistes, pouponnières de néo-nazis végétariens, autour de Stonehenge ou de Trifouilllis-les-Oies, a réussi à se répandre sur le monde entier par le biais des médias complaisants qui ne demandaient que ça pour accroître ou tester leur influence. Avec l'air nigaud de celui qui aimerait faire croire qu'il n'y est pour rien, le journaliste va s'étonner d'une procession expiatoire, d'un envahissement moutonnier de site touristique, d'une nouvelle vague de suicide. On pourrait juste regretter que ce ne soit pas le sien si ce déballage complaisant de non-réalités devenues plus réelles que réelles ne virait au grand comique.

    Comme l'écologie, personne n'y croit mais tout le monde en parle.

  • Pfff.. Encore un matin... en attendant la fin du monde !

    Ce matin, sur France Inter alias Radio Bobo, c'était "Encore un matin..." du chroniqueur hyperfestiviste Didier Varrod. On y a atteint des sommets en attendant la fin du monde. En écoutant le chroniqueur, on avait juste envie qu'elle arrive plus vite...

    Didier Varrod, bons sentiments, jazz, fin du monde, 21 12 2012La victime du jour est un jeune saxophoniste, Baptiste Herbin. Comme il a 25 ans et qu'en terre festiviste, la jeunesse est une vertu morale, son panégyrique a eu des nuances de tendresses qui le rendaient encore plus drôle que d'habitude. "Baptifte Herbin voulait dévà vouer du faxophone à l'âve de quatre ans !" Vous rendez-vous compte ?

    L'auditeur était censé se trouver subjugué par la virtuosité du saxophoniste alto ; il était juste agacé par des arpèges rapides et durs sans rien de commun avec ce qui les avait inspiré (le bebop, un style de jazz vieux de 70 ans), des ballades poussives sans relief au timbre épais comme une feuille d'OCB, des traits ultra-rapides sans âme servis par une technique apprise chez Massey-Fergusson.

    Misère ! Il suffit que ça ressemble un peu aux Soeurs Jumelles de Michel Legrand pour qu'on compare l'inspiration du saxophoniste en culotte courte à celle du compositeur des Parapluies de Cherbourg. Pauvre de nous, on n'y avait pas pensé !

    C'est surtout la prose glougloutante de Didier Varrod qui nous cueille chaque matin : un morceau insupportable de mauvais français mal lu au sujet de musiciens toujours identiques à force d'originalité, toujours consensuels à force de subversion, toujours anglicisés à force d'anglicisme.

    C'est en général dans sa dernière phrase que notre virtuose de la bien-pensance musicale est le plus fort : "11 titres dont 10 compovifions orivinales : on y goûte une foupleffe du veu accompagnée d'une belle félérité dans fon phravé qui n'a pas peur de fouffler dans la nuanfe tout en vouant danv un même morfeau dans des reviftres de tonalités vertivineux."

    Ne cherchez pas, ça ne veut rien dire. La "virtuosité de chute libre" du Sonny Stitt de la chronique musicale est plutôt une originalité "en chute libre" qui nous émeut par son pouvoir gnan-gnan repoussoir, ses vertus émétiques, ses tonalités enfantines, son goût pour le gloubi-boulga...

    Vivement la fin du monde !