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gaz de schiste

  • Gaz de schistes : l'écologie n'a rien à voir

    Si tant est que l'écologie existe, la question des gaz de schistes et de la fracturation hydraulique ne sera pas réglée en France sur la base de considérations environnementales. La seule évaluation des réserves sur notre sol émane d'un rapport américain qui les estime à 51 Tm3. C'est vraiment n'importe quoi.

    gaz de schistes, Total, écolo, écologie, fracturation, hydraulique, gaz naturel, réserves mondialesEn effet, les réserves de gaz connues dans le monde sont de 190Tm3. Que le sol français en renferme l'équivalent de celles de l'Iran et du Qatar réunies, soit 30% du total mondial, relève de l'affabulation la plus... la plus commerciale ! Ce rapport américain est par définition destiné à promouvoir les marchés dans lesquels les leaders sont... américains, bien sûr. Il n'y a aucune garantie scientifique et objective sur ce chiffre.

    D'autre part, comme pour les pétroles non conventionnels, l'extraction de ces produits gaziers nécessite un surcoût inconnu à ce jour. En France, pour le pétrole, le gaz et le reste, la production locale restera chère et insuffisante. La France consomme environ 800 m3 par an et par habitant, soit un total de 48 Gm3 dont elle produit 0,8 Gm3 soit autour de 5%. Le gaz occupant 15% de notre consommation énergétique globale, on peut dire que le gaz français occupe aujourd'hui autour de 0,3% de notre consommation énergétique nationale.

    Ce n'est donc pas vers une révolution énergétique, vers un rétablissement de notre balance commerciale que l'on se dirige : transformer la structure de notre consommation en passant d'une production quasi nulle à une proportion significative dans une échelle de prix inconnue. Quel chef d'Etat responsable se lancerait dans une aventure aussi incertaine ? Il s'agit, maintenant, de relancer ce débat en postulant sur de nouvelles technologies. Mais qui assumerait les coûts de cette recherche dans un domaine où nous ne sommes pas leader ? Les Charbonnages de France ont été démantelés par Sarko en 2007 et ce n'est pas le domaine de recherche du BRGM.

    L'écologie n'a donc strictement rien à voir là-dedans. Les écolos se garderont bien de tout triomphalisme. Merci d'avance...

  • Gaz de schistes : pourquoi les écologistes font autant de bruit ?

    C'est sûrement vrai : l'exploitation des gaz de schistes aujourd'hui met en danger les nappes phréatiques et les populations en surface. Et les mouvements d'opinion attachés au Bien commun et à la santé publique ont certainement raison de s'émouvoir de l'intérêt que suscitent de telles techniques.

    famine, écologie, énergie, réservesMais les écologistes sont moins attachés au Bien commun et à la santé publique qu'à leur dogme. Après tout, quelques citoyens en moins, c'est bon pour la planète !

    Le problème des gaz de schistes et des réserves importantes d'énergie fossile qu'ils font miroiter, c'est que leur présence fait voler en éclat les sacro-saints modèles que le Club de Rome, ce groupuscule politique issu des multinationales, a mis en place dans les médias et l'esprit des gens depuis le début des années 70.

    Souvenez-vous : Les limites de la croissance, le fameux Rapport Meadows aussi appelé La Prospective pour les Nuls, réactualisait les modèles aberrants qui firent le succès de Malthus auprès de l'aristocratie britannique, très versée dans l'eugénisme, au 19e siècle. Les cinq modèles proposés étaient même calculés par ordinateur ; quand on sait l'hystérie journalistique que déclenchait, à l'époque, le mot ordinateur appliqué à n'importe quel domaine des sciences humaines, on imagine sans peine le circus médiatique qui a légitimisé ce torchon malthusien.

    On ne peut plus appliquer la méthode concurrentielle pour déterminer la durée de nos réserves en ceci ou en cela, c'est à dire trouver le point de convergence entre la courbe de production et celle de consommation. Continuer à promouvoir "La prospective pour les Nuls" quand on possède un recul de 40 ans n'est même plus de la mauvaise foi.

    En effet, ni la courbe de consommation, ni la courbe de production d'une ressource ne suit un parcourt linéaire ou exponentiel ou géométrique : nous vivons dans un monde où l'être humain produit des découvertes, des bouleversements, des sauts quantitatifs et ne se réduit pas au troupeau bêlant et affamé que l'aristocratie anglaise aimait tant voir dans le livre de Malthus.

    Ainsi, chaque fois qu'un saut quantitatif menace, on entend les "idiots utiles" des malthusiens, c'est à dire les écologistes et le troupeau médiatique qui les suit volontiers, on entend donc ces populations hurler au scandale. Ce fut le cas pour l'énergie de fusion qui "menaçait" de pouvoir produire un saut quantitatif en matière d'énergie. C'est le cas pour le MOX qui permet de recycler des déchets de la fission classique pour produire des déchets au cycle plus court. C'est donc aussi le cas des gaz de schistes qui provoquent un saut quantitatif aux Etats-unis, avec des conséquences sanitaires peu enviables.

    Or les réserves pétrolières, c'est à dire le pétrole directement exploitable mais non encore exploité représentait 770 milliards de barils à la fin 1985 mais 1200 milliards de barils à la fin de 2005. Et voilà que le Bureau des réserves en pétrole maritime et schistes bitumineux aux Etats-unis évalue les réserves mondiales actuelles à 1600 milliards de barils de pétrole issu de ces nouveaux gisements ! Ce qui figurait jadis sous l'appellation "pétrole non-conventionnel" est devenu, du fait des progrès techniques et de la demande, "pétrole conventionnel". C'est ce genre de discontinuité qui représente, pour les écologistes, une atteinte au dogme.