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houellebecq

  • Houellebecq : petit bras...

    Face à l'actualité et à la difficulté d'affronter un monde désormais privé de Cabu, Charb, Tignous et Wolinski, je n'ai pas pu m'empêcher de repenser au débat que j'avais vu la veille entre Edwy Plenel de Médiapart et Patrick Cohen, le journaliste bien-pensant de France-Inter, au sujet du dernier livre de Michel Houellebecq.

    Houellebecq, Puisque toujours à quelque chose malheur est bon, on a aussitôt vu disparaître des écrans radar le prometteur écrivain et ses airs de rusé renard jurant, des plumes encore dans la gueule, qu'il n'a rien fait de mal. Que Soumission, cette pochade douteuse, ne fasse plus l'actualité : quel soulagement ! S'en prendre à la religion de 5 millions de Français me semble d'une misérable inefficacité si on imagine ce qu'aurait pu être un livre du même accabit basé sur une religion, l'écologie, dont les adeptes et pratiquants constituent désormais, parfois même à leur corps défendant, l'essentiel des 60 millions de Français.

    Dans une politique-fiction (quel mot étrange...) d'une autre trempe, on aurait pu imaginer de façon beaucoup plus mollement probable Dominique Voynet présidente de la République, avec Noël Pépère en premier ministre. Notre couple de joyeux lurons, tout en nous menaçant d'apocalypses atroces si nous n'obtempérons pas, pourrait ainsi mettre la France en coupe malthusienne réglée, rivalisant de bons sentiments pour nous faire accepter l'inacceptable, la haine de nous-même et des autres, le goût de la pureté comme idéal politique, la passion de l'ultra-conservatisme pour alimenter l'utopie, la diminution de la population et de l'activité humaines.

    Pour l'instant, la misère morale qui règne sur cette génération, fruit du travail conjoint des journalistes de télévision et des fabricants de jeux videos, n'a permis que quelques tristes cartons sur la base d'un caca idéologique relativement peu répandu et issu des sectes islamistes. Mais si, en France, l'utopie écologiste faisait l'objet d'une radicalisation plus religieuse encore que celle de la poignée de morveux zadistes et victimaires du barrage de Sivens, nous pourrions aboutir à des carnages plus formidables encore.

    Houellebecq a loupé son coup.