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laville

  • Conférence de Doha : chronique hypocrite d'un échec annoncé

    Dans un entretien accordé au quotidien Le Monde, Bettina Laville tente d'expliquer pourquoi le prochain rendez-vous climatique est censé être un échec.

    Bettina Laville est une avocate, ancienne conseillère ministérielle chargée d'écologie. Elle travaille actuellement dans le cabinet Landwell, dans le plus gros réseau de société de services en gestion financière de la planète, PwC. Elle est aussi membre de la section française du Club de Rome.

    Depuis le premier sommet sur le climat à Rio en 1992, il y a 20 ans, les "progrès" réalisés vont partir en fumée puisque le seul protocole contraignant, celui de Kyoto, arrive à échéance à la fin de 2012. Que le lecteur se rassure, le dispositif du casino des droits à polluer, entériné à Copenhague, reste en pleine activité. Pendant que les écolos pleurnichent, les affaires continuent.

    Mme Laville croit savoir, avant que le sommet ait eu lieu, à Doha, qu'il n'y aura pas d'accord significatif sur la limitation des émissions de gaz dits "à effet de serre". Pour elle "Les décideurs n'ont pas su comment faire se rencontrer intérêts économiques et écologiques."

    Je pensais naïvement, après m'être fait traité de climato-sceptique, que l'écologie était une science, une vraie. Qu'elle permettait de prévoir la montée des eaux, la disparition des îles, l'arrivée des moussons en Europe et l'âge du capitaine avec 5 chiffres significatifs. J'imaginais que les sacro-saintes données du Centre de recherche sur le climat de l'Université d'East Anglia avaient résisté aux assauts des méchants hackers pleins de mauvaises intentions pour les baleines à bosses et le corail rouge.

    Le blogueur Novak m'avait fait la leçon : l'écologie avait ses lettres de noblesse. Désormais, il fallait la considérer comme une vraie discipline, de celles dont on peut critiquer les méthodes, de celles dont les informations sont universellement publiées et vérifiables, etc.

    La phrase de Mme Laville prend tout ce bel échaffaudage à contre-pied. Comment ? Il existe des intérêts écologiques, comme il existe des intérêts mathématiques ou des intérêts philosophiques ?

    Non, bien sûr, mais comme il existe des intérêts économiques.

    Tous ceux qui, journalistes ou non, cherchent à nous montrer à longueur de journées, de programmes télé ou radio, au fil des manuels scolaires de SVT, d'histoire ou de géographie, que l'écologie est une science sont des falsificateurs, ou au mieux des naïfs. L'écologie a des intérêts congruents à ceux de l'économie dans le meilleurs des cas. D'ailleurs, Mme Laville l'avoue sans détour : la prochaine conférence du GIEC ne servira qu'à donner un "pseudo-support scientifique" à ces conférences stériles, payées avec nos impôts.

    A qui profitent donc ces intérêts économico-écologiques ? Il suffit, pour le savoir, de chercher pour qui travaillent le Club de Rome ou l'UICN. Pour Mme Laville, la catastrophe consiste en ce que "les Etats pourront donc choisir de réduire leurs émissions s'ils le souhaitent, dans les proportions qu'ils désirent et par rapport à l'année de référence de leur choix." En d'autres termes, elle appelle de ses voeux une structure supra-nationale capable de contraindre les Etats. Cette structure existe déjà et finance, pour sa propre cause, une myriade d'associations, de réseaux, d'ONG militant pour la protection de la nature : il s'agit de l'ONU.