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mahomet

  • Rire de tout, mais pas en privé !

    Quel concert d'hypocrisie ! L'accueil des caricatures de Charlie Hebdo donne l'occasion d'un défilé arrogant de donneurs de leçons de tolérance. Tous ces grands humoristes, comme Mohamed Moussaoui, représentant des musulmans de France, au lieu de mettre de l'huile sur le feu commentent à l'envi cette publication (que je n'ai pas l'habitude de lire, sinon d'une fesse distraite...).

    Moussaoui parle sans hésiter d'un acte d'incitation à la haine contre l'islam. De quoi appaiser les tensions, non ? Que n'attend-il pour porter plainte puisque le pays où il habite le lui permet ? S'il perdait en justice, il ferait l'apprentissage de la laïcité républicaine tout comme un candidat battu aux élections fait l'apprentissage de la démocratie.

    L'Islam en France profite de la situation très isolée de la France du point de vue religieux : peu d'états disposent d'un arsenal juridique aussi précis sur la séparation entre le politique et le religieux. Il est vrai que les partisans de la charia, la loi islamique, pourraient apprécier que cette séparation s'affaiblisse. Ils ont tord : ils profitent, dans ce contexte, d'une liberté totale dans la sphère privée en échange d'une neutralité théorique dans l'espace public.

    C'est donc plutôt une sorte de procès d'intention qui est fait à Charlie : "faire rire sur l'Islam" (ce qui est un raccourci très partiel sur ces dessins humoristiques) devient "insulter l'Islam" quand on oublie la distance entre public et privé.

    Ce petit péché d'orgueil devient habituel dans l'Ile aux Enfants, ce pays merveilleux peuplé de gens tous d'accord avec les journalistes. La question de l'envahissement des médias par l'idéologie écologiste a déjà été abordée de nombreuses fois ici. Comment peut-on ne pas être écologistes ? J'en ai fait l'expérience il y a quelques jours, au moment où, devant quelques amis en majorité écologistes j'ai commencé ma profession de foi anti-écologiste. Les camarades étaient tellement surpris qu'ils ne trouvaient pas leurs mots. La cause était tellement entendue (c'est le cas de le dire) qu'ils en avaient perdu leur bréviaire de militant, leur Petit livre vert. Stupéfaction. Consternation. Vous connaissez la chanson.

    Répulsion aussi, bien entendu. Qu'importe...

    Car si on n'est pas écologiste, c'est qu'on n'aime pas la nature, c'est qu'on déteste les petits oiseaux, c'est qu'on est pour les marées moires, et qu'on dénie le présumé réchauffement planétaire (ce qui est le cas), qu'on adore les gaz de schistes, etc...

    Pour Charlie c'est pareil. Pour le mariage homosexuel idem. L'affaire est entendue. Si tu n'es pas d'accord, ou si tu choisis d'en rire, c'est que tu insultes l'Islam ou les homosexuels. C'est une incitation à la haine, etc. etc.

    Il faut donc accorder la plus grande publicité à Mohamed Moussaoui : ira-t-il en justice ? Parviendra-t-il à faire condamner Charlie Hebdo en dépit du droit à la liberté d'expression ? Parviendra-t-il à faire condamner des humoristes dans la république laïque de France ? Vous le saurez au prochain épisode !