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salafiste

  • Défense d'en rire ?

    Quelle émotion !

    Un film con et des caricatures dont on ne prend même pas le temps de comprendre le sens !

    Des salafistes qui ne demandent qu'à passer pour de malheureuses victimes offensées et des journalistes qui empochent les scoops !

    Une retenue quasi généralisée de la part des politiques qui parlent de la liberté d'expression avec un "mais..." !

    Que dit, par exemple, la couverture de Charlie ? Elle met dos à dos intégristes juifs et intégristes musulmans et leur dénie le droit de se sentir "intouchables" à l'égard de la liberté d'expression. Le dessin fait un parallèle avec le film Intouchables, gros carton au box office, qui met en scène deux personnalités opposées que rapproche leur mise à l'écart par la société. Un chrétien intégriste aurait pu compléter le trio mais il n'y avait pas de film célèbre intitulé Intouchables avec 3 personnages.

    Rapprocher ce dessin humoristique d'un film américain objectivement anti-musulman est une erreur. Une faute même, de la part de ceux qui prêchent la responsabilité en matière d'expression.

    Dans une république de citoyens libres, si les musulmans ne veulent pas prendre connaissance du contenu de Charlie Hebdo, rien ne les y oblige. Et c'est la même chose pour le reste du monde. Qui met sous les yeux des musulmans des dessins "qu'ils ne sauraient voir" ? Les journalistes qui veulent profiter du buzz de Charlie, bien sûr.

    Le fait de prendre connaissance du contenu de Charlie se trouve donc au coeur du problème. Il est douteux que les manifestants dans le monde entier aient pu ouvrir ce canard. On est donc plutôt dans une situation occidentophobe, si l'Occident veut retourner à son profit (si l'on peut dire) l'attribution du titre de victime. Mais surtout, si on part du principe qu'on est pas obligé d'acheter Charlie Hebdo au fin fond du Mali intégriste, à Benghazi ou à Islamabad, c'est l'existence même de ces dessins qui pose problème pour les musulmans. C'est à dire la possibilité de leur existence.

    Il n'y a donc aucune différence, pour ces gens, entre la possibilité de prendre connaissance de ces dessins à titre privé et leur simple existence. Ce n'est pas le contenu argumentatif qui est visé, ce n'est pas ce qu'ils disent ou ne disent pas mais la simple possibilité qu'ont les êtres humains de dire, en riant, qu'ils ne sont pas d'accord.

    A titre d'exemple, ce n'est pas l'existence matérielle de publications révisionistes qui me gêne en soi, mais plutôt que des imbéciles puissent les rédiger contre toute raison, en contradiction avec la plus évidente objectivité, en accord avec l'esprit le plus pervers qui soit. Hélas, dans le cas des caricatures, leur signification n'est jamais évoquée en raison.

    D'autre part, y a-t-il eu quelqu'un pour constater que les heurts les plus violents avaient lieux dans les pays arabes, et non pas dans les pays musulmans ? Le plus grand pays musulman est l'Indonésie, pas l'Arabie Saoudite. C'est vrai qu'il y a eu des manifestations en Indonésie mais elles n'avaient rien de commun avec cette explosion de violence orchestrée vraisemblablement par les salafistes et qui a mené à l'assassinat d'un diplomate américain en Lybie. Le problème des caricatures est donc plutôt en relation avec des questions de mentalité et de géopolitique qu'avec une question de religion.

    Enfin, qu'il s'agisse de journalistes ou d'hommes politiques, tous épris de république et de liberté, les (vrais) républicains auraient aimé un peu plus de courage et de discernement. Certes, les musulmans de France sont une clientèle électorale et journalistique importante. Ce n'est pas une raison pour manquer à ce point de culture politique et philosophique. On l'a hélas déjà constaté en ce qui concerne l'écologie à l'exception notable de Luc Ferry (oublions Claude Allègre, voulez-vous ?).

    La couillemollisation de la société est en marche. Nous le savions. Mais parallèlement, la reconnaissance de l'orgueil blessé des obscurantistes comme seul horizon idéologique nous promet des temps un peu sombres.